La vie est une compil. Chaque jour est une playlist. L'amour est un remix...

mardi 1 juin 2010

Tendances 2010 version 6.4

Les habitués le savent, les compils Tendances sont conçues pour épouser amoureusement les courbes des saisons. Et, la version 6.4, se veut fidèle à sa réputation estivale. C'est clair, on laisse tomber les pantalons et on ôte ses pull-over, en même temps que ses  aprioris grognons et autres principes puristes et puritains.
Comme d'hab, donc, l'alternatif le plus vénérable côtoie le putassier le plus inexcusable.
On s'extasiera donc sur John Grant. On s'emportera allègrement sur les Pipettes ou les Black Keys ou Puggy.On fera la sieste  en compagnie de la douce Stephanie Crayencour ou du gentil Samir Barris (Marc Lavoine est à moi !). Et puis, on dansera fièvreusement en compagnie de Kellis, Robin Thicke, Janelle Monae, Kele et...l'inénarrable Stromae...
Le cas de ce dernier est-il défendable? Longtemps cette question m'a embarrassé... Et puis, je suis tombé sur ce lien :
 http://www.youtube.com/watch?v=0MpqsGlGdUM

Et je me suis dit qu'un mec qui intitule son futur album "Cheese", est forcément bourré de second degré.
Bonnes vacances à tous !
(et merci à l'ami Ben pour cette jolie photo de pochette)

samedi 29 mai 2010

John Grant - Queen of Denmark

La pochette de ce disque a beau être tour à tour intrigante, fascinante puis effrayante; elle n'en reste pas moins avare de commentaires... Surtout pour un daltonien comme moi. Car des caractères fuchsias placardés sur l'image violente et violette d'un corbeau écrasé; ça ne me laisse aucune chance de parvenir à déchiffrer les notes intérieures de pochette... Heureusement, un gros sticker rouge à peine vulgaire (style "vu sur RTL" de notre enfance) appliqué sur le film plastique protégeant le cd nous donne une indication vitale : "featuring all members of Midlake". Cette inscription suffit pour arracher le disque de son étalage et se ruer vers le caissier de cette grande surface où personne n'est fou (lire critique de l'album des Black Keys). On se posera la question de savoir qui est John Grant plus tard... Pour l'heure, avec Midlake aux commandes, on est sûr de ne pas être déçu... De fait, "Queen of Denmark" est une pure merveille qui dépasse de loin le pourtant remarquable "Courage of Others" sorti en ce début d'année. On se dit que la bande de Denton réussit là un joli doublé pour 2010...mais ce serait oublier de rendre justice au maître de maison de ce disque fabuleux : le mystérieux John Grant, donc.
Dans le genre "revenant que personne n'attendait", on a rarement fait mieux. John Grant fut, le temps de 5 albums, leader du groupe The Czars. Un honnête groupe de rock alternatif américain dont le meilleur souvenir reste pour moi la renversante reprise de "You don't know what love is" (un classique du répertoire jazz immortalisé par Chet Baker ou Ella Fitzgerald). C'est à cette époque qu'il fit la connaissance de Simon Raymonde (ex membre des Cocteau Twins) qui le signa lui et son groupe sur son label Bella Union.
Entre le dernier album des Czars (paru en 2005) et "Queen of Denmark", John Grant a connu une véritable descente aux enfers. L'alcool et la drogue le menerent à une déchéance dont il failli ne jamais sortir... C'était sans compter la bienveillance de l'ami Raymonde. Entretemps, ce dernier avait signé une joyeuse petite bande de Denton, Texas sur son label. Il pensa tout naturellement que Midlake serait le soutien nécessaire qui permettrait au talent de Grant de refaire surface. Le pari est gagné.
"Queen of Denmark" est un chef d'oeuvre de songwriting classieux. Quelquepart entre un Rufus Wainwright un peu moins folle (mais un peu folle tout de même...le titre de l'album en dit long sur son auteur) et un Anthony & the Johnsons moins apprêté.
Traversé de moments de grâce pure (la voix de soprano qui hante le titre d'ouverture) et de tristesse poignante ("Where Dreams go to Die", un morceau sur lequel tout le monde pleurera un jour ou l'autre); l'album sait aussi se faire plus pop et léger. John Grant parvient à rire de ses malheurs et à nous entraîner dans son humour ("I feel just like Sigourney Weaver/When she was killing all those aliens"). Des chansons comme "Jesus Hates Fagots" (Jesus déteste les pédés) ou des petites autocritiques cinglantes telles que "j'ai voulu changer le monde mais je n'ai même pas réussi à changer de sous vêtements" parviennent toujours à redresser la proue du navire lorsque le moral plonge dans les chaussettes...
Musicalement, il y a là tout le savoir faire de Midlake. Une parfaite maîtrise du songwriting tendance années septante. Les Inrocks disaient récemment qu'en écoutant ce disque, c'est un peu comme si "Elton John était un jour entré dans le corps de Neil Young". Je dis : pas mieux!
Ici aussi, pour contrebalancer des arrangements de corde vertigineux et des lignes de piano tristes; on entendra souvent des petits sons de claviers vintage qu'on croirait tout droit échappés du "Moon Safari" de Air.
Une réussite incontestable.
Et vive la reine !

jeudi 13 mai 2010

The Black Keys - Brothers

Ce disque est un "instant classic". Le genre d'album qui déboule dans votre petite vie morose et met une grande claque à la fatalité.
Hier, durant ma pause de midi, je me suis rendu dans une grande surface qui clame haut et fort que "nous ne sommes pas fous"...et j'ai entendu ce disque qui, non content de m'envoûter littéralement, faisait joliment mentir le slogan publicitaire de cette chaîne de magasins.
Ca n'a l'air de rien comme çà; mais Dan Auerbach & Patrick Carney aka The Black Keys viennent de réussir un joli coup de maître.
Pourtant "Brothers", leur dernier album, ne démarre pas en trombe. Au début, c'est toujours le même rock mâtiné de blues, la même recette, sortie du même tiroir...Et puis, insidieusement, au fil des morceaux, une dimension plus pop que sur leurs précédents disques s'insinue et vous précipite dans l'addiction la plus totale.
Ce n'est pas "un tout petit supplément d'âme" qui transcende cet album...c'est carrément une "orgie de sainteté".
Parti pour durer.

The New Pornographers - Together

Voici un disque printanier à souhait. De jolies mélodies bourgeonnantes nous rappellent qu'on est plus en hiver mais que, même si on y a cru, l'été n'est pas encore là.
Pour leur cinquième album, les canadiens de The New Pornographers confirment leur savoir faire en matière d'écriture pop flamboyante. Un peu moins habités et incandescents que les chansons de leurs  compatriotes d'Arcade Fire (à qui l'on pense souvent); les titres de "Together" s'alimentent au feu sacré allumé par les Beatles et perpétuent une tradition de power pop salutaire.
En plus de rappeler Arcade Fire, les jolies harmonies vocales et orchestrales évoquent également Love, les Beach Boys voir Prefab Sprout ou même les Pixies.
Leur précédent opus ("Challenger" en 2007) m'avait fait très bonne impression. Le petit dernier achève de me convaincre. Et je commence à entrevoir le sens de  ces quelques vers énigmatiques de Marcel Thiry qui me hantent depuis mon plus jeune âge :
"Toi qui pâlis au nom de Vancouver,
Tu n'as pourtant fait qu'un banal voyage;
Tu n'as pas vu la Croix du Sud, le vert
Des perroquets ni le soleil sauvage."

Assurément, ce disque vaut le voyage.

mercredi 12 mai 2010

Tiercé gagnant ! (Samir Barris-Arnaud Fleurent Didier-Gaetan Roussel. Nuits Botaniques 11.05.10)

Hier soir, dans le cadre des institutionnelles "Nuits Botaniques", je me suis rendu au Cirque Royal pour assister à une soirée à l'affiche alléchante qui a, dans l'ensemble, tenu ses promesses.
Samir Barris, Arnaud-Fleurent Didier et Gaëtan Roussel ont tour à tour investi la salle historique de la rue de l'enseignement pour assurer le service après vente de leurs albums respectifs.
Bien que très jeune d'aspect (avec son look d'éternel premier communiant), Samir Barris n'est pas le plus vert des trois comparses. Cela fait longtemps qu'il officie dans les arrières scènes de la pop belge. Avec son groupe Melon Galia il était même allé jusqu'à débaucher le producteur culte John Cunningham pour la réalisation d'un album sorti en 2000, qu'il serait bon de redécouvrir. Sabordée à l'aube d'une reconnaissance qui eut été bien méritée, la carrière de Melon Galia a donc été fulgurante. Samir fut le premier a se remettre en selle. Timidement bien sûr... C'est un peu une seconde nature chez lui. Qui sait qu'il a déjà sorti deux albums depuis le démarrage de sa carrière solo? Cest donc très timidement qu'il investi, le premier, la scène du Cirque. Il est à peine 20h passées et la salle est encore à moitié vide (le Cirque n'aura d'ailleurs pas été complet, même pour Gaetan Roussel). Samir n'a pas d'autre choix que de remercier les gens ponctuels en entamant son set. Accompagné de son fidèle acolyte Nicholas Yates à la contrebasse, il livre une prestation juste et sensible avec cette petite pointe d'humour qui sauve l'absence de show. L'ensemble fait penser au meilleur des Kings of Convenience mariés pour l'occasion à Jobim, Vian et Baudelaire. Il ne reste plus au gentil Samir qu'à assumer son statut de valeur sûre de la chanson francophone belge. cela devrait l'aider à être moins pétrifié face à une salle qu'il a fini par conquérir.

Arnaud-Fleurent Didier aura beaucoup plus de mal à faire l'unanimité. Il déboule sur scène avec son univers glaçant, mêlant cynisme et tendresse; humour grinçant et psychédélisme trendy. Sa voix fade n'est pas son atout majeur. Pourtant, l'auteur d'un des plus impressionnants disque français de ce début 2010 ne m'aura pas complètement déçu. Circonstance atténuante de taille : un son proprement désastreux qui, la plupart du temps, rend inaudibles les textes pourtant fondamentaux chez A.F.D.
Mais le son n'excuse pas tout. Si Fleurent Didier se révèle un multi-instrumentiste plutôt convaincant; que dire du groupe qui l'accompagne ? Sur scène, le manque d'harmonie est flagrant. On dirait que ces musiciens jouent ensemble pour la première fois. Pire : les fausses notes sont légion... Quelques belles fulgurances ("Pépé 68"; "Je suis Amoureux", "Reproductions" et un "Portrait du Jeune Homme en Artiste" exhumé de son tout premier album) démontrent que l'artiste est plein de belles promesses. Polnareff, Ferré, Morricone et Dominique A téléscopés sur une même scène; ça n'arrive tout de même pas tous les soirs. Sur son album, une chanson porte un titre révélateur de ce qui lui a fait défaut hier soir : "Ne sois pas trop exigeant". L'exigeance et une véritable direction musicale est ce qui a cruellement manqué à cet ingénieur de formation, hier soir. Et oui Arnaud...si, sur plan, ton concert tiens la route; il te reste à tenir compte des facteurs externes...comme le public, par exemple...Tu sais? Le public, ce sont ces gens que tu décris si bien à la première personne... L'inconvénient, c'est que la première personne, ce n'est pas SEULEMENT toi, Arnaud... Une belle preuve de courage et de vanité tout de même.

Celui qui a tout compris ce soir, c'est bien sûr Gaëtan Roussel. En pause carrière prolongée de Louise Attaque, il s'est déjà offert pas mal de récréations (sous forme de collaborations avec Vanessa Paradis, Bashung, Tarmac...) dont un premier album solo qui se vend plutôt bien et draine à lui seul le public du Cirque Royal. Le show est bien rôdé. 8 musiciens sur scène. Quelques vieux briscards dont Joseph Dahan, le bassiste de la Mano Negra et guitariste chez les Wampas, tout en testostérone. Les premiers rangs se souviendront longtemps de cette basse menaçante, fendant l'air telle une hallebarde durant tout le concert. A lui seul, il fit le show donnant une belle leçon de rock'n'roll sauvage. Les autres musiciens ne sont pas en reste; à commencer par une section rythmique puissante, carrée et ultra-efficace. Dès le premier titre, la salle entière se lève. L'allégresse ne retombera pas. On pense souvent au Rita Mitsouko dans ce qu'ils avaient de plus débridé et irrésistible. Roussel est décontracté, positif. Lui aussi fera les frais d'un ingénieur du son décidément paresseux. Sa voix étant souvent en retrait par rapport au reste du groupe. Seul bémol : sans doute par souci d'intégrité, l'ami Gaëtan ne puisera aucune chanson dans le répertoire de Louise Attaque...le show se construit uniquement sur la trame se "Ginger", son disque solo. Un disque qui, sur scène, se révèle une redoutable machine à danser.

dimanche 2 mai 2010

Emmanuelle Seigner vs Marie Warnant : la battle

A jamais auréolée de sa sulfureuse prestation SM dans "Lune de Fiel", Emmanuelle Seigner dégage une image intimidante qui risque de faire de l'ombre à son nouvel album. Qu'on ne se méprenne pas : "Dingue" n'est pas un disque de rock castrateur à la Juliette & the Licks. Et même si la présence d'Iggy Pop ne devrait rassurer personne, une première écoute révèle une sensibilité toute autre. Celle d'une femme à fleur de peau et de poésie. Les coups de fouets ne sont que des clins d'œils (le single "Dingue" ) , avantageusement remplaçés par de violons. Plus douce que sur son précédent disque avec le groupe Ultra Orange, la belle Emmanuelle se révèle vraiment touchante et attachante. En belle de jour et de nuit étonnament fidèle, elle convoque même son illustre mari (Roman Polanski) a pousser la chansonnette à ses côtés. Et tant pis si sa fâche. C'est là, tout de même, qu'on se rend compte que le tigre est en elle...
De très loin sa cadette, Marie Warnant s'en revient avec un deuxième album et semble, elle aussi, avoir pas mal bourlingué. Musicalement, "Ritournelle" marque un formidable bon en avant dans l'écriture de la jeune bruxelloise. Aidée par son compagnon Vincent Liben (Mud Flow), Marie Warnant nous livre des chansons amples et, au final, se révèle bien plus sombre et mangeuse d'hommes que notre "Dingue" de service.
Son album précédent s'intitulait "De un à Dix"..."Ritournelle" aurait pu s'appeler "Dix sur toute la ligne"

Michael Jackson vs Madonna : la battle...arbitrée par Alain Souchon

Bonjour, je m'appelle Alain Souchon. Je suis chanteur populaire et je sors un disque live très justement intitulé : "Alain Souchon (moi, donc) est Chanteur".
C'est un disque sans prétention...Captation fidèle de mon dernier tour de chant qui passa par Forest National en ce début d'année. Et comme l'hôte de ce joli blog s'était fendu d'un joli et gentil article à mon égard, je trouvais plutôt sympathique de venir lui rendre une petite visite d'agrément.
Comme il a beaucoup de travail en ce moment et qu'il n'est pas toujours de très bonne humeur, il m'a demandé de lui rendre un petit service en chroniquant un ou deux albums à sa place...
Comme j'avais le choix parmi une pléthore d'incontournables chefs d'oeuvres de pop contemporaine, je me suis tout naturellement porté sur des valeurs sûres...Certaines sont même définitivement sûres...
J'ai choisi deux artistes qui, à leur façon très personnelle, partagent une activité similaire à la mienne : la sortie d'un album live, donc.
D'un côté un mort très très vivant (Michael Jackson), de l'autre une quinca qui dégénère très fort (Madonna)...
J'aurais pu également choisir d'évoquer une vivante très très morte...mais je me suis dit qu'enfermer Mylène Farmer avec les deux autres dans le même cercueil, ça risquait de sentir le beurre rance.
Alors voilà des hommes en complet noir (non pas des agents des pompes funèbres, des responsables de maisons de disques) ce sont dit qu'il fallait rentabiliser l'évènement majeur de la décennie passée : le décès de Bambi.
Et ils ont eu raison, bien sûr. Nous, nous aurions tort de passer à côté d'un document si intéressant et si paradoxal. Le making-of d'un concert qui n'a jamais eu lieu. Tragédie en un acte digne de Corneille(pas le chanteur, l'autre) et de Racine. Finalement on se dit que si le concert avait eu lieu, on aurait peut-être pas eu droit à toutes ces belles émotions qui jaillissent au fil des séquences.
Et c'est exactement ce qui ne se produit pas lorsqu'on découvre le show de Madonna. Tout a été étudié par un tas d'hommes en complets noir (signés Jean Paul Gaultier, tout de même) pour bluffer le public. Et oui, ici, on aura droit qu'à l'esbroufe et au grand-guignol.
A côté de ces deux monstres bien dans leur époque (si je puis dire, cher Michael...)je trouve mon album live et le dvd qui l'accompagne fort sympathiques.
Bon c'est vrai, sur mon dvd, il n'y a qu'une seule chanson, quelques anecdotes et un court métrage en forme d'autobus...Mais vous n'imaginiez tout de même pas que j'avais l'intention de faire de l'ombre à mes amis du showbizz. Ce n'eut pas été très élégant, ni modeste de ma part...

mardi 20 avril 2010

Plan B - The Defamation of Strickland Banks

Pour son deuxième album, Ben Drew aka Plan B a vu les choses en grand. En Cinémascope. Telle la campagne promotionnelle qui accompagne la sortie du disque (une affiche de cinéma digne d’un film de Scorcese ou Copolla). « The Defamation of Strickland Banks » Waow ! Le titre de l’album est, en soit, un hommage aux séries…B (tiens, justement !) et autres films de gangsters qui font la joie des fans de romans « pulp ».
Sorti tout droit de « Reservoir Dogs », le jeune homme, au physique castagneur, pratique une northern soul impeccable et défie sur le ring Amy Winehouse, Danniel Merriweather et Eminem réunis. Trois contre un…Même pas peur ! Chez lui, le rap est un atout qui fait la différence et envoi valdinguer dans les cordes tous les suiveurs (l’impressionnant flow énergique de « Stay Too Long ») . Catalogué rappeur, Plan B délaisse pourtant souvent le rap au profit du beau chant. Le single « She Said » illustre parfaitement la formule de cet album. Une écriture classique , des arrangements satinés et percutants (on ne lésine pas sur le grand orchestre et les rythmiques irrésistibles…et quand l’électricité s’en mêle, mazette !), une voix un brin schizo capable de passer des cimes les plus mielleuses aux bas fonds les plus suintants.
D’un point de vue strictement pop, « The Defamation… » est incontestablement l’album le plus abouti de 2010, à ce jour (chaque morceau de ce disque est un classique instantané). La B.O. d’un film de Tarantino à lui tout seul. Mon coup de cœur du printemps.

We Have Band - WHB


D’Infadels à Radio 4, en passant par The Rapture ; le rock anglais éprouve périodiquement le besoin de se friter aux dancefloors les plus dégoulinants de sueurs froides… Derrière ce patronyme plutôt vindicatif, We Have Band s’autoproclame nouveau champion du genre.
Tels d’habiles saisonniers des ondes, les membres de ce sympathique collectif nous livrent un fond de commerce bien rôdé par leurs pairs. Une séquence entendue chez « !!! » (« Honeytrap ») ; des lignes de basses déjà bien éprouvées par CSS et même un riff de guitare fauché sur le dernier Biolay (« You Came Out ») . L’effet est aussi irrésistible qu’immédiat.
A défaut d’être sensationnel, cet album est sans conteste une piquante sensation printanière qui ne passera sans doute pas l’hiver. L'été? Mais si, tout de même, il y a de quoi se déhancher comme un Happy Monday sur les plages de Brighton et d'ailleurs (gare aux aiguilles de seringues toutefois...)

My Little Cheap Dictaphone - The Tragic Tale of a Genius

Il en fallait du culot pour oser un disque pareil au sud de la frontière linguistique!
On avait laissé MLCD à leur jolies miniatures pop qui faisaient la joie des festivals wallons...On les retrouve aujourd'hui, gonflés à bloc; en habits de lumière noire. Prêts à conquérir le monde.
Mais que s'est il passé ?
Overdose de soma ? Séjour forcé à Las Vegas, séquestrés par René & Céline ? Déclaration de guerre à la Flandre (Deus en ligne de mîre?)
Sur leur nouvel album, les liégeois, transfigurés; n'ont plus peur de rien.
Alors, ils osent tout.
A commencer par l'album concept, façon "Tommy" des Who.
"L'Histoire Tragique d'un Génie"... Va-t-on encore avoir droit à l'abominable "Assasymphonie" ?
Heureusement, non. Seul le titre de ce disque craint un peu...
D'emblée on est embarqué dans cette histoire-prétexte...La maline petite bande déjoue brillamment les pièges qui jalonnent habituellement ce genre d'entreprise. On se fout rapidement de l'histoire pour se concentrer sur l'essentiel : la musique. Monstrueusement produit, l'album est parcouru par un souffle épique surprenant...D'autant plus surprenant qu'aucune star de la console de mixage n'est venue mettre son grain de sable dans l'aventure. Le disque est auto-produit. C'est suffisamment rare pour être souligné.
Flirtant avec le pompièrisme, le groupe à l'élégance de ne jamais y sombrer...(Muse ne peut plus en dire autant depuis belle lurette...)
L'ombre de Bowie plane souvent...Et quelques invités de marque (Jonathan Donahue de Mercury Rev, e.a.) renforcent la crédibilité de ce jeune groupe.
Pour My Little Cheap Dictaphone, la véritable tragédie serait de ne pas rencontrer le succès qu'il mérite.

dimanche 18 avril 2010

Tendances 2010 version 6.3

Après un démarrage plutôt hésitant, 2010 semble virer vers le bon cru. La preuve : cette nouvelle édition triple pleine de fraîcheur (Gerome Gallo et sa naïveté printanière; Kate Nash et son espièglerie de cour de récré)
De jolis bourgeons pop (Tunng, Emmanuelle Seigner)
Des revenants au sortir d'une hibernation prolongée (Fun Lovin'Criminals, Corinne Bailey Rae, Eté 67, Tindersticks, Marie Warnant, LCD Soundsystem, Aaron et même...Debbie Harry)
Quelques tueries electro pop (Jamaica, French Horn rebellion vs Database, Fortune, Hot Chip, Curry & Coco)
Des Cow-Boys normands (La Maison Tellier), un casse couille nécessaire (Saez) et la fée clochette (Joanna Newsom)
Au total, 63 titres à découvrir en terrasse, en T-shirt (ou sans mmmmh...), en sirotant une bonne bière fraîche ou une menthe à l'eau...
Livraison prévue entre le 19 et le 30 avril.
Vive le printemps !

mardi 13 avril 2010

Françoise Hardy - La Pluie sans Parapluie

Après un album de duos joliment troussé mais, au final, assez décevant et une auto-biographie au vitriol; pouvait-on s'attendre à être à nouveau ému par cette grande dame de la Variété française ?
Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'elle s'y est employée.
Entourée de complices fidèles (Alain Lubrano en tête) et de seconds couteaux de la chanson (Thierry Stremler, La Grande Sophie...) Françoise Hardy livre ici sa part d'ombre la plus subtile. On est évidemment pas chez Mylène Farmer (fort heureusement...) ni chez Dead Can Dance...  C'est un disque de salon. Pas de chambre noire ou de camisole...
Quelques bonnes surprises : l'excellent single "Noir sur Blanc" écrit par un Callogéro qu'on attendait vraiment pas sur ce terrain... Murat qui se lache en anglais sur un "Memory Divine" de très envoûtante facture.
Un très beau disque qui souffre parfois d'un manque de courage. On aurait souhaité qu'une artiste aussi éveillée aux évolutions de la pop prenne plus de risques...Se montre plus aventureuse. Goûte à nouveau au "Danger".
C'est cette absence d'aventure qui cloue au sol des titres comme "Champ d'Honneur" ou "Je ne vous aime pas".
Sans doute faut il le voir comme un album crépusculaire : tant de conflits larvés qui s'apaisent en douceur.
Empreint d'une certaine froideur...qui, au fond, correspond assez bien à l'hôte de la maison.
Françoise Hardy réussit l'exploit de faire défiler quarante années d'une carrière exemplaire sur un disque sans esbroufe, dépourvu de tout accès de jeunisme. Si seulement Brigitte Fontaine décidait d'en faire autant...

Gerôme Gallo - Quelle Histoire

Après avoir pratiqué l'art de la fugue sur la poudreuse, votre humble serviteur est de retour et n'a qu'une seule envie : RE-PAR-TIR !!!
Durant cette semaine d'altitude et de plénitude, j'ai décidé qu'un peu de légèreté et d'insouciance musicales ne me feraient pas de mal... Découvert il y a quelques semaines par l'entremise d'un single frais et sautillant (aux réminiscences Stevie Wonder indéniables), le jeune Gérome Gallo (candidat malheureux de la nouvelle star édition 2003) m'est instantanément tombé dans l'oreille...A tel point que j'ai eu envie de découvrir son premier album intitulé "Quelle Histoire".
D'emblée, on comprend ce qui a contraint le jury caricatural de l'émission à briser les ailes de ce frêle adolescent. C'est ce côté gentil, optimiste (certains diront "mièvre") souvent désarmant (jamais consternant) qui ne cadre pas du tout avec le cahier des charges tendance dico-gothiquo-bobo qui semble faire religion à Balard.
Alors oui, Gerome Gallo veut nous raconter des histoires franchement pas très palpitantes...mais il le fait avec un sens mélodique qui n'est pas sans rappeler Sinclair,Martin Rappeneau ou même Obispo. Autant d'artistes qui avaient su plaire le temps d'un premier album prometteur...mais dont l'éclosion s'est très rapidement muée en une implosion créative (carrément grotesque pour le 3e larron)... En attendant de voir le jeune niçois s'enliser dans la pissaladière, savourons simplement ce petit pain au miel qu'il nous sert sans prétention. 

vendredi 2 avril 2010

La Maison Tellier - L'Art de la Fugue

Qui pourrait croire que dans les entrailles des terres normandes git de la graine de Far-West?
A voir la dégaine de ces 4 cowboys plutôt fringuant, on en reste pantois...
La Maison Tellier plante son décor de Western malade et ses anachronismes truculents.
Parfaitement bilingue, cet album est un pont d'or entre la France et les Etats-Unis, pour tous les amoureux de folk habité. La palette d'instruments est large : le banjo est roi. Il côtoie ça et là une trompette soul ou des violons tristes. On pense souvent aux Tindersticks de la grande époque.
Les textes, lorsqu'ils sont en français, se jouent de certaines expressions et autres clichés. Ce qui donne à l'ensemble une patine d'humour noir.
Une maison plutôt bien tenue. Tantôt saloon, tantôt manoir. Guy de Maupassant ne se retournera pas dans sa tombe. Ses héritiers sont à la hauteur. 

dimanche 28 mars 2010

MGMT - Congratulations

On les croyait prêts à en découdre avec Empire of the Sun, Yeasayer ou Vampire Weekend...sur un deuxième album encore plus tubesque que le précédent... Ben Goldwasser et Andrew Van Wyngarden en ont décidé autrement.

Grande nouvelle : "Congratulations" ne contient aucun hit potentiel. Il se paye même le luxe de supplanter le "Paranoïd Androïd" de Radiohead, le temps (12'10'' !) d'un "Siberian Breaks" kaléidoscopique à souhait.
C'est sous haute influence des Kinks, de Love voire du Velvet Underground ou du Pink Floyd de Syd Barret que se révèle le nouvel album du duo de Brooklyn.
Un son vintage savamment étudié; aux antipodes du calibrage FM du précédent essai.
Ceux qui ont adoré des titres comme "Electric Feel" ou "Kids" ne s'y retrouveront sans doute pas. Mais "Congratulations" n'en reste pas moins un album intéressant qui réhabilite tout un pan de la pop psychédélique des années 60/70 avec l'intelligence d'un groupe qui compte bien jouer un rôle majeur sur l'échiquier musical des années à venir.

Stacey Kent - Raconte Moi

La plus francophile des chanteuses de jazz américaines est de retour avec un disque totalement récité dans la langue de Baudelaire...devrait-t-on dire dans les langues de Biolay, Keren Ann Zeidel, Barbara, Misraki ou encore la toute verte Claire Denamur... Car il s'agit ici d'un disque presqu'exclusivement composé de reprises.
Trois ans après l'enchanteur "Breakfast on the Morning Tram" (titre ô combien évocateurs de délices passés et à venir), "Raconte-Moi" marque un peu le pas.
Là où, sur son album précédent, la chanteuse conviait l'exotisme de Gainsbourg et Pierre Barouh au beau milieu de standards du jazz américain et de compositions originales de son époux Jim Tomlinson; elle inverse radicalement la tendance sur son nouveau disque.
"Raconte-Moi" est une véritable opération séduction destinée au marché francophone. Hélas, le charme n'opère pas toujours... Certaines des chansons choisies ("Les Eaux de Mars", "Sait on jamais") n'avaient nul besoin d'une énième relecture. Les titres originaux oscillent entre l'excellent ("Raconte-Moi", plage titulaire au texte malin) et le dispensable ("La Vénus du Mélo" et ses jeux de mots pénibles). Quant aux relectures de certains titres ("Au coin du Monde"; "Jardin d'Hiver") elles auraient vraiment gagné au change si la belle américaine s'était donné la peine de les adapter en anglais...
"Raconte-Moi", n'est pas un mauvais disque. Il contient plusieurs sommets (la magnifique reprise du "Mal de Vivre" de Barbara ou  encore la relecture cinématographique des "Vacances au bord de la mer" de Jonasz).
C'est juste un projet un peu vain et inabouti pour l'auditeur qui baigne dans ces chansons depuis mathusalem...
Mais si, par bonheur, le disque devait connaître une ré-édition en anglais; alors il deviendrait sans nul doute un incontournable.
So Stacey : "Tell Me" !

jeudi 25 mars 2010

Tom McRae - Cirque Royal 24-03-2010

Que reste-t-il de cette génération de "singer-songwriters" qui émergea à la fin du siècle dernier?
Perry Blake n'a plus de maison de disque.Il dirige des workshops sur l'écriture musicale, en Italie. Ed Harcourt picole dans son manoir anglais...Jay-Jay Johansson hésite toujoursentre divan et diva... Rufus Wainwright a - semble-t-il - tranché la question...
Malgré toute l'indifférence qu'il partage avec ses confrères, Tom McRae, fils de pasteur anglais, devenu américain d'adoption, rempli ses obligations contractuelles en sortant un cinquième album qui, comme les trois précédents, n'atteint jamais la flamme qui parcourait son tout premier disque.
Il y a dix ans, sortait un premier album éponyme de folk-pop sombre et dense, dont l'aura de joyau noir a suffisament perduré pour assurer à l'artiste un solide capital de fidèles.
Des chansons comme "A & B song"; "The Boy with the Bubblegun"; "The End of the World" ou "You cut her Hair" ont su toucher, par leur justesse et leur grace, un grand nombre de personnes en mal de vivre.
Pour tout ceux-là, Tom est devenu un compagnon d'infortune précieux.
Et tant pis si, par la suite, ses disques n'ont pas été à la hauteur...
Son passage au Cirque Royal, hier soir, était l'occasion de venir rendre hommage à un vieil ami : plus très blond, plus si mince...On aimerait toutefois passer le cap de la quarantaine aussi bien que lui ;)
Un peu raide, au début du spectacle. Sans doute un peu surpris par cette grande salle étonnamment peuplée (pas sold-out mais loin d'être déserte), l'homme se découvre "pince sans rire"...
Son groupe de scène est impeccable (mention spéciale au guitariste Brian Wright; singer songwriter américain avec qui Tom s'est lié d'amitié   )
Le son est renversant. Là où les Last Shadow Puppets se vautrèrent en compagnie d'un orchestre de 40 musiciens, un seul violonceliste réussit à nous envoyer en l'air durant deux heures avec son archet.
Le set est savamment composé de morceaux calmes et intimistes (ce magnifique rappel unplugged) alternant avec des titres plus amples et énergiques qui atteignent souvent le mur du son. Les chansons plutot "bof" du dernier album sont jusicieusement reliftées pour la scène et finissent par réveler un certain intérêt.
Fort heureusement, la part belle est faite au premier album qui, sur scène, s'offre une seconde jeunesse.
Au fil du concert, un climat de connivence s'installe entre les musiciens et le public. Avec en point d'orgue, plutôt cocasse, une reprise amusante du tube de Rihanna "Umbrella". On sort charmé de ce moment sans hype. On est heureux d'avoir re-découvert un artiste vraiment attachant. Allez, Tom, il ne te reste plus qu'à sortir un album digne de tes premiers faits d'armes...

lundi 22 mars 2010

Joanna Newsom - Have One on Me

Ceux qui pensent tenir la nouvelle Kate Bush en la personne d'Emilie Simon, vont devoir se faire une raison: l'héritière la plus élégante de la grande dame du Kent n'est pas française, ni même anglaise. C'est une jeune californienne de 28 ans. Et elle n'en est pas à son premier essai...
Pour Joanna, la vie est un très très très long fleuve tranquille...A l'image de ce 3e album qu'elle a voulu triple...
Plonger dans ce disque exige de solides aptitudes en matière d'apnée... et ne pas avoir peur des paradoxes temporels.
Harpiste de formation, Joanna Newsom use sans trop abuser de cet instrument rare dans le milieu du folk et de la pop. Pourtant, les connexions semblent évidentes : Cat Power, Devendra Banhart ou encore Jim O'Rourke sont ses amis.
L'album souffre tout de même d'une certaine longueur (c'est le moins qu'on puisse dire) mais la force de l'univers qu'il installe en fait une oeuvre à part dans le paysage musical. Pendant ce temps là, Alizée prépare son grand retour et promet de nous surprendre..."Have One on Me" est la preuve que le combat est perdu d'avance.

Hot Chip - One Life Stand

Après la déception suscitée par les Crookers, l'électro vintage du combo britannique fait figure d'oasis salvateur. "One Life Stand" succède brillamment à "Made in the Dark"(2008) et "The Warning"(2006) qui, par l'entremise d'un chapelet de singles incontournables ("Ready for the Floor" ou encore "Over & Over" en tête) ont su conquérir aussi bien le grand public que les puristes du nightclubbing.
Ce nouvel opus doit autant au Beatles qu'à Kraftwerk et révèle ce que nombre de gens qui ont vu le groupe en concert savent déjà : Hot Chip, c'est pas David Guetta. C'est, avant tout, une bande de musiciens incroyables qui insufflent une véritable authenticité à leur musique faussement minimale, vraiment pop.
Le sentiment de dispersion qui plane sur les albums de Crookers ou de Simian Mobile Disco est balayé par la voix et la personnalité d'Alexis Taylor.Ce dernier rappelle une chose que beaucoup de contemporains semblentg oublier : un leader, dans un groupe, c'est souvent un atout.
 

Crookers - Tons of Friends

Annonçée avec pertes et fracas, la sortie de l'ultime album de Gorillaz (et oui, il n'y en aura pas d'autre...) devrait voir se dresser une armée de prétendants au trône... Les fantassins de Crookers s'avancent, sans complexe, en première ligne.
Las, n'est pas Damon Albarn qui veut...Le génie créatif (qui a dit l'opportunisme?), ça ne s'improvise pas... Il ne suffit pas de réaliser quelques  remixes efficaces  pour des copains de chambrée (Kid Cudi, qui doit au duo italien le succès du tube de l'été 2009 "Day'n'Nite",e.a.) pour devenir une valeur sûre. Le test du premier album ne pardonne pas.
"Tons of friends" porte bien son nom. On y découvre une pléiade de collaborations (Kellis,Spank Rock,Will I Am, Yelle,Major Lazer). Un casting prestigieux qui ne parvient malheureusement pas à cacher un manque d'inspiration assez flagrant. La plupart des chansons qui figurent sur ce disque n'ont, semble-t-il, pour seule ambition que de devenir des ringtones pour téléphone mobile en mal de sensation... 
Seule Roisin Murphy,Miike Snow  et les intouchables Soulwax apportent un peu de leurs personnalités à ce qui, finalement, se révèle être le pétard mouillé musical du printemps... Quelques amis, une tonne de plomb!Dommage. J'aurais vraiment aimé adorer ce disque.

jeudi 18 mars 2010

Gaëtan Roussel - Ginger

Du phénomène Louise Attaque (album de rock français le plus vendu en 1997 - 2,5 millions d'exemplaires); ce bon vieux Francis Cabrel disait quelque chose d'amusant et assez vrai : "ces petits jeunes là, ils ont trouvé une formule unique : faire chanter du rock à Jacques Brel..."
Effectivement, la voix de Gaetan Roussel a des accents du grand Flamand assez troublants par moments...
Un second album plutôt décevant pour Louise Attaque a très vite conduit le groupe à se remettre en question. Louise a donc donné naissance à deux projets distincts. D'un côté : Ali Dragon; de l'autre Tarmac. Groupe dans lequel officiait Gaëtan Roussel. Creusant une veine plus pop, ces rejetons parviennent à trouver un second souffle et à capitaliser la sympathie de leurs nombreux fans.
Deux ans après sa collaboration avec Bashung, on attendait avec impatience le premier véritable album solo de Gaetan Roussel. "Bleu Petrole" a en effet permis au compositeur de se faire un nom propre.
L'option ludique a clairement été choisie. L'album est cohérent. Efficace dans ses rythmes et ses riffs. Le recours au franglais est un peu trop systématique...mais, après tout, ne sommes-nous pas en plein revival Gainsbourg?
Tout le talent d'écriture de Roussel consiste à parvenir à poser des questions fondamentales de façon simplifiée. En ce sens, on pense aussi à Souchon.
Plus on écoute cet album, plus on s'y attache. Ah! Les vertus aphrodisiaques du gingembre...

Thom Hell - All Good Things

Attention ! Ce disque contient la plus belle chanson parue à ce jour en 2010. Elle s'intitule 'Right Here Now' et est un pur joyau de pop orchestrale. Au premier abord, on l'imagine calibrée pour les radio West Coast de Californie...mais lorsqu'arrive l'impensable coda du morceau, on se dit qu'on a pas affaire à n'importe qui. Et que les choses ne sont pas si simple qu'elles en ont l'air.
Thom Hell s'était déjà fait remarquer en 2006 avec un single plutot propret, tendance Beatles/Beach Boys ("Get me Home" pour les Tendancieux qui s'en souviennent...)
Singer/Songwriter norvégien, ce trentenaire au nom lourd à porter s'en sort pourtant avec grace et légèreté. Ici l' "Enfer" de Dante renvoie immédiatement à la Divine Comedy de Neil Hannon, autre compositeur qui devrait d'ailleurs se rappeler à notre bon souvenir en Mai prochain.
"All Good Things" est un album luxuriant qui frise parfois dangereusement avec des références un peu honteuses (Supertramp...ce genre de choses un peu pompières...)
On aimerait bien que certaines chansons ôtent leur smoking taillé pour le concours Eurovision de la chanson(la voix de Thom Hell rappelle souvent celle de Johnny Logan, bellâtre irlandais qui réussit l'exploit de gagner le concours par deux fois...) et voir les poils dépasser du T-shirt (enfin, ça c'est un fantasme personnel ;)
Mais malgré son côté propret qui exaspère parfois, "All Good Things" s'impose d'ores et déjà comme un incontournable de 2010.

samedi 13 mars 2010

Beach House - Teen Dream

On aimerait bien sortir de l'hiver...Cette année, il a particulièrement bien joué avec nos nerfs... On aimerait mais pourtant, quelque chose nous en empêche... Un album, plus précisément. Un disque qui a rarement si bien sublimé une saison.
"Teen Dream" est l'oeuvre ensorceleuse d'un duo originaire de Baltimore (USA) : Beach House.
Une maison sur une plage ensoleillée...et enneigée à la fois.
Le duo qualifie sa musique de 'dream pop'...et on ne peut qu'acquiescer tant chaque chanson sur cet album nous invite à la rêverie.
"Teen Dream", c'est un peu le Velvet Underground qui aurait fricoté avec les shoegazeuses de Lush.
Le disque fige le temps dans la glace...Une glace aux mille parfums acidulés.
Aux manettes : Chris Coady (producteur de TV on the Radio et de Blonde Redhead, e.a.) fait des merveilles. Chaque détail, chaque relief de ce disque nous pousse dans un état de contemplation béate...comme si l'hiver, c'était enfin le bonheur... Mais qui nous sortira donc de cette torpeur? MGMT peut être...

Two Door Cinema Club vs Delphic : la battle

On parle souvent de l'héritage de Joy Division sur le rock...Cette esthétique de la grisaille a fait bien des émules...Pourtant, et ce de manière fort injuste, on occulte souvent l'influence d'un groupe intiment lié à celui de feu Ian Curtis. Ce groupe, né des cendres glaciales du chanteur épileptique n'est autre que New Order. Un groupe historiquement important. D'abord dans sa façon de se réinventer. Ensuite dans son écriture maline alliant perles pop et efficacité dance.
"Blue Monday", bien sûr, maître étalon de plusieurs générations de musiciens rêvant de faire danser à la fois la tête et les jambes. Bernard Sumner & Peter Hook ont longtemps été les gardiens de l'excellence pop.
Mais, de tous les genres musicaux, ce dernier est sans doute celui qui vieillit le plus difficilement...Sur son dernier essai, très honnête au demeurant, Bernard Sumner et ses Bad Lieutenants reconnaissent qu'il faut savoir passer la main... Et le relais d'être saisi séance tenant par deux groupes au sang neuf et bouillonnant qui revendiquent enfin sans rougir l'héritage de leurs prestigieux aïeuls mancuniens. 
Delphic, tout d'abord. Groupe du cru. De Manchester, donc. J'ai eu l'occasion de les voir sur scène l'an dernier; en première partie de Bloc Party. Je n'en ai pas gardé un souvenir imputrescible... Mais, le buzz enflant à l'approche de la sortie de leur premier album, j'ai tendu l'oreille.
Sur disque, le groupe ne peut cacher sa filiation pour New Order. C'est le filon outrageusement électro du groupe qui est ici exploité. Cette façon caractéristique de triturer la structure des morceaux. D'allonger les couplets en boucles infinies. Souvent au détriment des chansons... Là où N.O. prenait soin d'alterner les approches. Un premier album intéressant mais qui manque de respiration et fini, tout naturellement, à bout de souffle...
Des chansons, des vraies, on en trouve à foison sur le percutant premier album de Two Door Cinema Club.
"Tourist History" est un recueil de hits power pop au groove souvent imparable. Ici, l'équilibre est parfait. La mélodie, le beat. Bloc Party : KO debout ! Franz Ferdinand : has been !
En à peine plus de 30 minutes, ces Nords-Irlandais imposent leurs règles et personne ne semble être en mesure de les contester.
2010 commence sur les chapeaux de roues...

mardi 9 mars 2010

Tunng "...And then we saw Land"

En 2007, le collectif britanique Tunng a posé les jalons d'une nouvelle écriture pop & folk. Greffant une electronique savante et légère sur des instruments organiques élégamment triturés; l'album "Good Arrows" ouvrait la voie à des groupes comme MGMT, Yeasayer ou les très surestimés Vampire Weekend.
Le disque souffrait pourtant d'une certaine raideur clinique, l'empêchant de nous séduire pleinement.
Durant l'enregistrement de son  nouvel album, le groupe a subi un remaniement assez radical. Quitté par un de ses membres fondateurs (Sam Genders - auteur compositeur et surtout chanteur), la petite entreprise a su faire face à la crise avec intelligence.
"...And Then We Saw Land"est un disque plus organique que ses prédécesseurs. Mike Lindsay, membre originel restant, a su accueillir de nouveaux moussaillons (dont une vocaliste attachante ouvrant de nouveaux horizons à la musique du groupe) pour mener le navire à bon port. La formule ne semble pas avoir été altérée. On se surprend même à trouver la musique de Tunng plus humaine que par le passé. Un bien bel exemple d'adaptation.
 

Mark Linkous : 09/09/1962 - 06/03/2010

Sparklehorse fut un magnifique accident dans le paysage du rock alternatif américain.
Un diamant noir, savant mélange de lo-fi millimétrée et d'onirisme intense.
En quatre albums, ce groupe d'un seul homme nous a donné bien des raisons de nous réconcilier avec l'Amérique de Kerouac.
Ecorché de la vie depuis sa plus tendre enfance passée dans la poussière des mines de Virginie; Mark Linkous s'est donné la mort samedi dernier, en se tirant une balle dans le coeur en pleine rue...
Il laisse derrière lui une oeuvre aussi fulgurante qu'indispensable

dimanche 7 mars 2010

Shearwater "The Golden Archipelago"

Décidément, le Texas n'en fini pas d'étonner. On s'avait depuis belle lurette que c'est "un univers impitoyable". Mais depuis l'avènement de groupes tels que Midlake, on sait qu'il est capable d'engendrer des choses magnifiques.
C'est le cas sur le nouvel album de Shearwater. Ce groupe, né sur les cendres encore chaudes d'Okkervil River, propose une musique ample et orchestrale. Une recontre entre les Tindersticks de la grande époque et le Midlake du "Trials of Van Occupanther". Le fil conducteur de "The Golden Archipelago" est une succession de voyages effectués par le compositeur Jonathan Meiburg vers une multitudes d'îles du bout du monde :  les Falklands, Tierra del Fuego, les Galapagos, Madagascar, Nunavut et les  Chatham Islands en Nouvelle Zelande.
Et, pour sûr, ce disque vous fera voyager loin et longtemps. Sans doute une des plus belles découvertes de ce début d'année.

Arid "Under the Cold Street Lights"

Tout le monde connait l'adage : "on ne change pas une recette qui gagne"... La question qui se pose avec Arid est : "comment changer une recette qui perd, alors qu'elle a (presque) tout pour gagner ?"
Pour leur quatrième album studio, les gantois emmenés par la voix d'ange de Jasper Steverlinck sont revenus de bien des désillusions. Lachés par leur maison de disque et leur manager après un disque qui, pourtant, contenait plus d'un succès d'estime, ils ont du repartir de zero.
Le disque est auto-produit, auto-géré et distribué par les (toujours) chics types de PIAS.
Côté musique, c'est toujours un peu "au feu les pompiers"... Mais on est tout de même pas chez Muse. Pas besoin d'ercefuryl... Le single "Come On" n'a pas la puissance de feu d'un titre de Deus ou de Ghinzu. C'est tout le problème d'Arid...tout comme Betty Goes Green bien avant eux (qui s'en souvient?). Ils écrivent souvent de très belles chansons (il y en a plus d'une sur ce dernier album : "seven odd years", "mindless"...) mais elles manquent de cette audace qui fait toute la différence.
Paradoxe culturel: depuis son avant dernier disque, le groupe s'est trouvé une tribu de fans dans les rangs francophones... Arid, possible solution aux problèmes linguistiques du pays de la pluie ?
Qui sait... En tout cas, la voix de Jasper contient à elle seule bien plus de promesses que le programme électoral de tous les partis réunis. S'il ne fallait trouver qu'une raison pour écouter Arid, ce serait indéniablement cette dernière.

Le Sacre du Roi

Pour la 25e édition des victoires de la musique - grand messe télévisuelle souvent emplie de vanité et dégoulinant d'hypocrisie -  les concepteurs ont eu une idée tout a fait inutile : convier tous les présentateurs des 25 éditions précédentes à une sorte de  relais carrément nunuche. A se demander si on célébrait les artistes ou les animateurs. Passé ce détail ennuyeux,  on a tout de même pu se réjouir de l'une ou l'autre chose.
La victoire de Benjamin Biolay dans deux catégories reines : l'artiste masculin de l'année et l'album de l'année.
Une magnifique (quoiqu'un peu tendue) interpretation de "La Superbe" sur la scène du Zénith de Paris constituant le sacre d'un artiste trop sous-estimé car pas assez consensuel...
Personnellement j'ai été ravi de voir qu'Helmut Fritz s'est énervé pour rien durant toute l'année 2009. Son hymne au cynisme le plus abject n'a pas été récompensé et c'est très bien ainsi.
"Comme des Enfants" par Coeur de Pirate fut très justement primée, claquant ainsi le bec à Calogero, tout en douceur. Ca fait du bien.
Au rayon performances scéniques, on épinglera également l'hommage à Michael Jackson par M, Amadou & Mariam, General Elektriks et une Charlotte Gainsbourg au charisme ultra magnétique (comme l'a souligné Jean Luc Delarue qui avait remarquablement bien préparé ses fiches).
Revolver & Oxmo Pucino & Salif Keita m'ont également fait bonne impression.
En revanche, il serait peut-être temps d'inviter Olivia Ruiz à changer de régistre... Ca commence (déjà!) à sentir la vieille chaussette...
Pour le reste : ca ronronne, ça tourne en rond. Mais, après tout, ça n'arrive qu'une fois par an...On va pas s'énerver pour si peu...N'est-ce pas, Helmut ?

samedi 6 mars 2010

The Broken Bells

Danger Mouse, le producteur que l'on sait, est définitivement obsédé par la chose pop. Il la tourne et la retourne dans tous les sens...jusqu'à plus soif...
Pour nous, ce toc n'engendre que du bonheur : Gorillaz, Gnarls Barkley, le "Grey Album" (mash up du "White Album" des Beatles et du "Black Album" de Jay Z)...Plus récemment, l'artiste producteur s'est aventuré en territoire plus rock, en compagnie de Sparklehorse, des Flamming Lips,des Cardigans et même de David Lynch  sur l'album "Dark Night of the Soul"...Le résultat de ce dernier essai laissait une impression mitigée liée sans doute à un manque d'homogénéïté.
Pour son nouveau projet, il abandonne son nom fantasque pour redevenir Brian Burton et s'acoquine avec le chanteur des Shins, groupe de campus américain du calibre du REM des débuts.
Sans surprise, le résultat est excellent et dépasse aisément "Dark Night of the Soul".
On est ici en territoire ami : quelque part entre les Beatles et Grandaddy. Boosté par quelques radios aventureuses, le duo pourrait même connaître la gloire par chez nous tant le tracklisting de ce premier album aligne des titres tubesques.
Décidément, la vie de Brian est pleine de bonnes surprises.

Gorillaz / Massive Attack : La Battle

Ces deux groupes là, on les chéri; on les adore ! Pour tout le bien qu'ils font à la pop depuis leur avènement. En pleine guerre du Golfe pour Massive Attack. Toute ma vie je me souviendrai de cette déferlante de violons sur le plateau de Top of the Pops, quelques heures à peine après le déclenchement de l'opération "Tempête du Désert" et ses myriades d'explosions phosphorescentes. "Unfinished Sympathy" posait les jalons d'un tout nouvel art du patchwork. Massive Attack a eu l'influence qu'on sait... Tout comme un certain Damon Albarn, chanteur et compositeur d'au moins deux groupes majeurs de ces 20 dernières années. Blur, bien sûr...instigateurs de la "Brit-Pop"...franchement, Oasis dans la balance, n'a jamais pesé bien lourd...ou plutôt a pesé bien trop lourd...
Pour ce qui nous intéresse aujourd'hui, on évoquera le tout nouveau Gorillaz : "Plastic Beach". Qu'a t'il dans le ventre ?
Pas de grande révolution. On lorgne un peu plus vers l'electro-cheap, pour être raccord avec l'époque. En terme de casting, on fait pêter : Bobby Womack, Mark E.Smith, Lou Reed... Déjà qu'on respectait Gorillaz...aujourd'hui on vénère grâve !
"Plastic Beach" est tout simplement la parfaite synthèse de l'état de la pop à l'heure où je vous parle.
De casting balèze, il en est également question sur "Heligoland", le dernier album de Massive Attack (la présence de l'ami Damon boucle d'ailleurs joliment la boucle;)
Ici non plus, pas l'ombre d'une révolution. On capitalise. Mais qui s'en plaindra.
Robert Del Naja est de retour sur quelques titres. Le spleen et la soul sont intacts. Pas bon pour le moral tout ça...

Groove Armada "Black Light"

Le côté sombre de Groove Armada sera-t-il aussi séduisant pour le nightclubber entêté que le côté obscur de la force le fut pour Anakin Skywalker? C'est la question à laquelle ne répond pas le nouvel opus du duo de Cambridge.
A l'écoute de cet album, il est d'ores et déjà acquis que la fête est finie.
On est loin, en effet, des hymnes discoïdes du calibre d' "Easy" et encore plus loin de la bombe atomique "I see U baby" qui n'en finit pas d'exploser les dancefloors depuis 1999 et l'album "Vertigo".
Sur "Black Light", il est 5 heures, Paris s'éveille...et la bimbo qui déhanchait son petit cul toute la nuit durant, a vraiment les méninges bousillées...
Disque de toutes les fins de nuits, "Black Light" révèle une facette insoupçonnée de la boule disco. L'album a été conçu pour traduire le sentiment de mélancolie qui s'empare des clubbers lorsque les beats se calment et que la réalité reprend le pas sur l'hédonisme béat.
Le ton est résolument rock et cold-wave. Un Brian Ferry, décidément très en vogue en ce moment (écoutez le nouveau single de DJ Hell) joue même le rôle du patron de la discothèque sur le captivant "Shameless".
Peu de beats entraînants...si ce n'est sur la fin...sans doute pour annoncer que le groove est loin d'être remisé au placard.
Inattendu mais réussi.

Tendances 2010 version 6.2

La voilà enfin cette nouvelle compil'.
Un léger retard suite au crash désastreux de mon fidèle graveur...Tout devrait être rentré dans l'ordre dans le courant de la semaine prochaine.
Edition triple. Pour encore plus de bonheur !

Bienvenue à Sopa ;)

Sharleen Spiteri / Peter Gabriel : la battle

2 albums. Une même démarche : les reprises. 2 approches différentes.
D'un côté, le vieux briscard, revenu de tout...Peter Gabriel, qu'on attendait plus vraiment; à force de jouer les éminences grises sur son label Realworld.
De l'autre, la ravissante Sharleen Spiteri, voix incontournable du groupe Texas; encore toute émoussée du succès de son premier album solo.
D'un côté donc : "Scratch my Back". Littéralement, "gratte-moi le dos". Est-ce là l'œuvre d'un vieil ours mal léché tout rabougri ? On pourrait le penser, à la première écoute...tant ça ne rigole pas des masses. Mais on aurait tort de tirer de trop hâtives conclusions. C'est l'option aventureuse qu'a choisi Peter Gabriel pour rendre hommage à des oeuvres qui lui tiennent à coeur. La plupart sont orchestrées par Bob Metcalfe dans un écrin symphonique du plus troublant effet. le choix des titres est audacieux (on retiendra "Heroes"de Bowie ,"Philadelphia" de Neil Young ou encore un méconnaissable "Street Spirit" de Radiohead) mais la voix du grand homme n'est pas toujours à la hauteur.
A mille lieues de ces tortures de l'âme il y a "The Movie Songbook" de la frivole Sharleen, donc. Le choix des chansons (chacune est le thème d'un film plus ou moins connu) est, comment dire, assez tartignole ("Xanadu","The Sound of Silence","If I can't have you"...) On croirait entendre une playlist de radio nostalgie.
Ici lorsque les titres collent aux versions originales, on frise l'écœurement... Mais lorsqu'ils s'en éloignent (l'impressionant "Take my Breath Away" de la BOF vraiment bof de Top Gun) on se surprend à fredonner les chansons en compagnie de la belle écossaise qui, décidément, pourrait bien se mettre à réciter l'Encyclopédie des chiens de race tout en continuant à nous donner des frissons de bonheur partout partout...

Alain Chamfort "Une Vie Saint Laurent"

Hautement improbable sur le papier, ce projet ne comportait qu'une évidence : seul la classe innée d'Alain Chamfort pouvait lui donner vie et crédibilité.
Car retracer la vie d'Yves Saint-Laurent, sur un disque de pop "prêt-à-porter" relevait de la plus haute gageure.
Le pari est tenu haut la main.
L'album est à la fois la biographie captivante et émouvante d'un personnage historique (ça c'est pour les textes)...mais c'est aussi la parfaite incarnation d'une époque dans ses moindres reliefs (la musique délicieusement rétro-futuriste)
Lorsqu'il évite de citer les protagonistes de son histoire, Chamfort aligne des hits en puissance ("Les Muses") ou des petites bombes émotionnelles ("Sans la Guitare" ôde aux amours de l'ombre...)
A noter, l'album sort en librairie sous la forme d'un livre-disque. Un bien bel objet.
Du "sur mesure" de qualité, à n'en pas douter. 

Pet Shop Boys vs Blur : La Battle

Ces jours-ci sont sortis deux albums live accompagnés chacun d'un DVD captant la prestation scénique de deux groupes majeurs de leurs époques respectives.
Honneur aux ancêtres : "Pandemonium" live at the 02 Arena retrace magnifiquement le concert de clôture du tour de bravoure entammé par les Pet Shop Boys dans la foulée de la sortie de leur 10e album "Yes", en février dernier. Pour avoir assisté à deux concerts de cette tournée (l'un, enthousiasmant, à Dour...l'autre, plus froid et mou du genou à Anvers) je dirais que le DVD est un must. La captation scénique est superbe et met remarquablement en valeur la mise en scène inventive du spectacle. Le CD, en revanche, souffre d'un mixage désastreux (pourtant confié à Stuart Price qui avait relifté les arrangements pour la tournée, justement) qui le rend pratiquement inécoutable.
Il en va quasiment de même pour Blur. A la lecture du tracklisting, on s'émerveille et on se rend compte à quel point le quatuor a marqué la pop des années 90. Malheureusement, l'écoute du disque s'avère pénible tant le son est pourri. Dans ce cas précis, je n'ai pas eu l'occasion de voir le DVD...C'était de toute façon un concert où il fallait être...

Midlake "The Courage of Others"

Galvaudé, le terme folk se résume souvent de nos jours à un cocktail désolant : voix anorexique sur guitares malingres (je n’ai jamais été fan de Will Oldham…il m’a toujours profondément ennuyé…trop de fond, pas assez de forme). Peu d’artistes savent redonner un peu de chaleur et de panache à ce genre désuet (sublime Cat Power…)
Midlake fait figure de salutaire exception. Auteur, il y a quelques années, d’un magnifique album (The Trials of Van Occupanther) à la croisée de la pop, du rock et du folk ; le groupe originaire de Denton (Texas) sort aujourd’hui « The Courage of Others » et semble avoir remisé, pour le coup, sa soif d’aventures. Mais qu’on ne s’y trompe pas : si le propos est moins protéiforme ; la densité est bel et bien au rendez-vous. Un disque plus ténébreux et introspectif que son prédécesseur. D’ores et déjà un des grands moments musicaux de 2010.

Sade "Soldier of Love"

Un silence bien plus long encore a précédé le nouvel album de Sade. Heureusement, ce silence n’est pas l’écho d’une tragédie…Il traduit simplement la douce indolence qui berce la vie d’Helen Folasade Adu depuis le début de sa carrière. Ces vingt dernières années, le collectif Sade n’aura donc sorti que trois albums semblant constituer une magnifique trilogie amoureuse : « Love Deluxe »(1992) – « Lovers Rock »(2000) et l’actuel « Soldier of Love »(février 2010)
Entre ces disques, la belle nigériane retourne vivre sa vie sur ses terres natales, laissant, à chaque fois derrière elle, un chapelet de chansons inoubliables, intemporelles, simples et sophistiquées.
Toujours entourée de ses fidèles comparses : Stuart Matthewman au saxophone (de moins en moins présent)et à la guitare ; Paul Denman qui fait ronfler sa basse comme personne et le claviériste Andrew Hale qui s’aventure toujours au bon endroit (Massive Attack souvent, Air, parfois, comme sur le titre d’ouverture) ; Sade nous livre ici un excellent cru sans rien révolutionner de sa formule. Cette soul classieuse identifiable dès la première mesure est devenue sa marque de fabrique. En dix ans, Sade n’a pas pris une ride…peut-on seulement en dire autant ?

Corinne Bailey Rae « The Sea »


Ceux qui avaient adoré son premier album, sorti il y a 4 ans, trouveront leur compte chez Sade. Car pour la douce Corinne, la vie a changé…de manière cruelle.
Au comble du succès (tout le monde se souvient du pétillant single « Put your Records on ») l’artiste a vécu la plus effroyable des expériences : la perte de l’être aimé… Alors évidemment, pour un chanteur, un tel malheur ne peut que se réduire au silence…Un long silence de quatre ans…au bout duquel arrive finalement ce disque qui prend la forme d’une magnifique rédemption.
Finies les jolies fioritures pop rencontrées sur le premier album. « The Sea » est un disque de soul brute. On pense souvent à Marvin Gaye. La question de l’être disparu est présente sur chaque chanson (v la vidéo du magnifique premier single). Si on ne connaissait pas l’époux de la belle veuve noire, on a l’impression, à l’issue de l’écoute de cet album, d’avoir fait un sacré bout de chemin avec son spectre. Sans doute le plus beau disque de ce début d’année.

Arnaud Fleurent Didier "La Reproduction"

Imaginez Claude François sous Temesta ou encore Léo Ferré sous Prozac… pile poile entre les deux, il y a A.F.D.
Déjà auteur, il y a quelques années du brillant mais passé inaperçu « Portrait du Jeune Homme en Artiste » ; cet ingénieur de formation s’adonne à son passe-temps favori : la chronique tendre et féroce d’une société en mal de repères. Porté par le brillantissime single : « France Culture », inventaire implacable de l’état actuel des cœurs fatigués, « La Reproduction » est un disque aussi drôle que glaçant. Il pose également, et ce de manière poétique, la question essentielle de la transmission des valeurs entre générations et, malgré un cynisme parfois irritant, prône joliment la réconciliation. Musicalement, il faut passer le cap de cette voix malade et s’intéresser aux mélodies très pop voilées par des arrangements faussement minimalistes. Dominique A vient de se trouver un nouveau filleul.

Tendances Mode d'Emploi

Comme je le disais récemment, la mise sur pied de ce blog flambant neuf est destinée à accompagner la sortie des compilations que je prépare amoureusement pour tous les Tendancieux.
Le Club des Tendancieux, c'est quoi ?
Une bande d'amoureux d'une certaine musique pop. Des gens (souvent des amis) avec qui j'éprouve un certain plaisir à partager mes coups de cœur musicaux et qui, généralement, me le rendent bien.Ce qui nous lie? L'ouverture d'esprit.
Concrètement, j'édite 6 compilations bimestrielles par an. Elle paraissent selon un calendrier plus ou moins respecté en janvier,mars,mi-avril,mi-juin,septembre et novembre.
Elles existent en format classique (CD Audio) ou MP3
En fonction de la richesse de l'actualité musicale, elles peuvent contenir l'équivalent de 2 ou 3 CD audio (Entre 40 et 60 morceaux)
La participation active des membres est essentielle pour moi. En clair, je demande à chacun d'entre vous de voter pour vos morceaux préférés sur chaque compil'. Celà m'aide à orienter mes sélections.
Cela me permet aussi de réaliser une compil' de fin d'année qui reprend vos morceaux choisis souvent dans des versions alternatives (live, remix, cover, titres inédits...) Cette ultime compilation s'intitule Substance. C'est un peu mon cadeau de noël à tous.
Pour la petite histoire, les Compils Tendances entrent dans leur 23e année.

Ce blog s'articulera donc autour des playlists que je réalise avant la finalisation de chaque compil'. On y trouvera des articles directement liés à la parution de ces CD mais on y trouvera surtout des chroniques de singles, d'albums et de concerts en rapport avec les dites playlists.Il faut savoir que je mets en moyenne 2 mois pour préparer une édition définitive. Lorsque vous recevez le produit fini, la prochaine compilation est déjà en chantier. Un chantier mouvant, sans cesse remis en question. Beaucoup d'idoles des jeunes sont appelées, peu sont élues...

Évidemment, j'ai mes petits chouchous...Je suis souvent partial...Mais, jusqu'à présent, mon petit cercle de fidèles semble adhérer à mes choix. Pourvu que ça dure...

Sur ce blog, vous trouverez un récapitulatif de vos choix (sous forme de pochettes de disques), des liens vers les playlists I-Tunes; un jukebox Deezer; une rubrique 'videodrome' dans laquelle s'affiche mon coup de cœur de la semaine...d'autres améliorations suivront

Une page Facebook est également dédiée au Club des Tendancieux. Ce blog sera d'ailleurs synchronisé avec Facebook pour plus d'interactivité.
Il va de soi que vos réactions sont les bienvenues.
N'hésitez pas à faire vivre ce blog en postant des commentaires, des suggestions...
Cet espace vous est ouvert, en tout bien tout honneur ;)

A bon entendeur...