Les "indignés" du monde entier ont désormais leur hymne : "Battez-Vous". Encore heureux que le titre n'ait pas été composé dans la langue de Shakespeare sinon, c'est sûr, David Cameron aurait demandé fissa à son ami Sarko, l'extradition des deux pimbèches qui forment le duo Brigitte, pour incitation à la violence et aux excès de testostérone en tout genre...
Des couilles, c'est sûr, les deux soeurs en ont. Et même si l'une d'entre elles exhibe fièrement sa culotte sur la pochette de leur premier album, l'autre est là qui vous toise et dans son regard, on peut lire : pas touche ! "ou je te dégomme/ tu vas goûter à mes torgnoles[...]si tu me cherches tu me trouves"
Faussement castagneuses, vraiment douées pour l'iconoclastie; les deux filles rejoignent la réjouissante tradition des empecheurs de tourner en rond "made in France" qui, de Boris Vian à Katerine, en passant par Dutronc et Brigitte Fontaine collent des claques nécessaires à la Chanson Française AOC ("Et Claude François"). Ca danse ("Oh La La"); ca racole ("Coeur de Chewing Gum"); évidemment ça rigole mais ça rit souvent jaune et parfois même, ça craque ("Je veux un Enfant", troublant cri qui vient des entrailles...)
Les hommes se font mettre en pièce. Joey Star ? Même pas peur ! Il suffit d'entendre la version de "Ma Benz" pour comprendre que les grosses brutes n'ont pas trop intérêt à la ramener... Sauf au plumard et encore, avec des sentiments, siouplééé. Musicalement, le disque a une jolie croupe et on le trouvera beaucoup plus sexy que le dernier Katerine. Cet été, on passera donc du rire aux larmes; du sofa au dancefloor avec ce duo bien déjanté qui semble faire l'unanimité. Tous dans la rue avec Brigitte !
La vie est une compil. Chaque jour est une playlist. L'amour est un remix...
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samedi 13 août 2011
Heather Nova - 300 days at Sea
Déjà riche de 9 albums, la carrière d' Heather Nova a connu deux coups d'éclats majeurs. Le premier, fut un succès commercial avec le single "Someone New" du groupe Eskobar; auquel elle apportait le concours de sa magnifique voix de sirène des Bermudes. Le second, à l'occasion de la sortie de l'album "Storm" (2003) lui apportait la reconnaissance artistique. Abandonnant un carcan de chansons power-pop vaguement planantes, surtout glaciales et souvent étirées jusqu'à l'ennui; Heather Allison Firth trouvait un ton plus intimiste et chaleureux et se fendait même d'un magnifique duo avec Benjamin Biolay (Let's no talk about love).
Quelque peu retombée dans l'oubli (sauf pour ses fans qui, grâce au système"Pledge Music", ont finançé en partie la production de son nouvel album) la belle Heather sort aujourd'hui "300 days at Sea" (allusion à sa promiscuité avec l'élément marin, quasi indissociable de sa vie; depuis sa naissance...) et le retour est plutôt gagnant. La voix est intacte et son pouvoir envoûtant est toujours aussi efficace. La power-pop évoquée plus haut est aussi de retour...mais, fort heureusement, passée au filtre d'une écriture plus mûre. La production, moins éthérée (ouh là...on frôle le gros jeu de mots qui tache), plus structurée; confère à l'ensemble une belle tenue et on se prend à écouter le disque en boucle. L'album alterne petit tubes électriques en puissance (Stop the Fire) et balades orchestrales majestueuses et classiques (Higher Ground). Heather serait elle enfin devenue "Someone New" ? En tout cas, je ne m'attendais pas à être aussi ravi de la retrouver.
Quelque peu retombée dans l'oubli (sauf pour ses fans qui, grâce au système"Pledge Music", ont finançé en partie la production de son nouvel album) la belle Heather sort aujourd'hui "300 days at Sea" (allusion à sa promiscuité avec l'élément marin, quasi indissociable de sa vie; depuis sa naissance...) et le retour est plutôt gagnant. La voix est intacte et son pouvoir envoûtant est toujours aussi efficace. La power-pop évoquée plus haut est aussi de retour...mais, fort heureusement, passée au filtre d'une écriture plus mûre. La production, moins éthérée (ouh là...on frôle le gros jeu de mots qui tache), plus structurée; confère à l'ensemble une belle tenue et on se prend à écouter le disque en boucle. L'album alterne petit tubes électriques en puissance (Stop the Fire) et balades orchestrales majestueuses et classiques (Higher Ground). Heather serait elle enfin devenue "Someone New" ? En tout cas, je ne m'attendais pas à être aussi ravi de la retrouver.
Joseph Arthur - The Graduation Ceremony
Décidément, mon histoire avec Joseph Arthur est faite de rendez-vous manqués... Je suis passé à côté de la révélation...en 1996 avec l'album "Big City Secrets" sorti sur le label de Peter Gabriel. En 2000, j'avais flashé sur une chanson : "In the Sun" qui est une des rares chansons que je fredonne quasi quotidiennement... Ce label, cette chanson ont éclipsé une oeuvre qui, manifestement, vaut le détour... Aujourd'hui, je me prends à regretter d'avoir quitté le Cirque Royal avant le début de son concert lors des dernières Nuits Botaniques... Il faut dire que l'actualité du bonhomme n'est pas vraiment sous les feux de la rampe... Ce dernier ayant tendance à fuir toute forme de lumière..Je ne savais donc pas que monsieur Arthur s'apprêtait à sortir un nouvel album. Et j'étais loin de me douter que ce disque renouait avec une production plus consensuelle qui replaçait enfin le songwriting de l'américain à sa juste valeur.
"The Graduation Ceremony" affiche d'emblée une mine plus radieuse que ses prédécesseurs (le confidentiel "Temporary People" ou l’oppressant et touffu "Nuclear Daydream")
Dès "Out on a Limb", l'oreille est titillée par de jolies cordes qui, en plus d'une écriture toujours aussi juste; procurent l'agréable sensation de se sentir en territoire ami. Une sensation qui était devenue rare chez Joseph Arthur...tenancier d'un univers de plus en plus hermétique...condamné à l'oubli. Ce nouvel album pourrait bien remettre l'artiste sur les rails et le conduire à une reconnaissance amplement méritée et justement relayée. En tout cas, pour moi, s'en est fini des rendez-vous manqués.
"The Graduation Ceremony" affiche d'emblée une mine plus radieuse que ses prédécesseurs (le confidentiel "Temporary People" ou l’oppressant et touffu "Nuclear Daydream")
Dès "Out on a Limb", l'oreille est titillée par de jolies cordes qui, en plus d'une écriture toujours aussi juste; procurent l'agréable sensation de se sentir en territoire ami. Une sensation qui était devenue rare chez Joseph Arthur...tenancier d'un univers de plus en plus hermétique...condamné à l'oubli. Ce nouvel album pourrait bien remettre l'artiste sur les rails et le conduire à une reconnaissance amplement méritée et justement relayée. En tout cas, pour moi, s'en est fini des rendez-vous manqués.
vendredi 22 juillet 2011
Randy Washmatic - Poisson Pirate
"Notre histoire, c'est celle de la quadrature du quadra. D'un âge auquel on peut encore, sans ridicule ni gâtisme, empoigner une guitare électrique et pointer le manche vers ses 20 ans." écrivait Stéphane Deschamps des Inrocks; à l'occasion de la sortie du premier album solo de l'ex Diabologum, Michel Cloup...
Si, comme lui, Claude Carpent aka Randy Washmatic, vient de passer le cap des 40e Rugissants; l'ancien chanteur de Nelly Olleson ne se risquera pourtant pas à grater une guitare électrique... Pour cause : il n'a jamais su en jouer !
Qu'à cela ne tienne : pour appaiser les angoisses de sa midlife crisis; il partage néanmoins le même remède : le retour à la musique.
Plus de 10 ans après la petite aventure avortée de Nelly Olleson; l'éternel amoureux de pop francophile revient aux affaires.
Annoncé depuis 8 ans, "Poisson Pirate" faisait figure d'arlésienne pour la poignée d'aficionados de la première heure. Longtemps, ce projet s'apparenta à une belle promesse d'intentions que les actes peinaient à relayer.
Quelques maladies de l'âme, au beau milieu de la trentaine (évoquées, pèle-mêle, dans le single éclaireur "Trentenaire Héroïque") ont progressivement conduit l'homme à se repositionner par rapport à une certaine forme de routine de plus en plus pesante et insupportable...
La musique comme échappatoire ultime ?
"Poisson Pirate" a effectivement tout l'air de l'album de la dernière chance.
Portrait d'un homme en artisan du doute; c'est avant tout un recueil de textes écrits entre 1998 (crépuscule de Nelly O) et 2011 (à l'aube de la quarantaine, donc)
Chacun de ces textes ayant en commun ce thème de la confiance bafouée (par soi-même, par les autres; au travers des médias, des jeux vidéo, des voyages, du "working 9 to 5", de la religion ...tant d'autres distractions...)
Pirate, cet animal l'est à plus d'un égard... Côté obscur et névrosé du poisson pilote; il est capable d'entraîner dans sa chute ses amis les plus proches...
"L'Extension du Conflit" révèle un changement majeur dans la manière dont l'auteur envisage sa musique aujourd'hui. Ce texte qui s'était déjà fait tailler un costard dans une vie antérieure; témoigne du virage négocié avec bien des partenaires involontaires.
Composé exclusivement sur ordinateur à l'aide du logiciel de M.A.O. "Reason"; la musique de Randy Washmatic (à mille lieue de celle de Nelly Olleson) use et abuse de samples en tout genres piochés dans la discothèque pléthorique de son auteur (pirate...au sens bootleg du terme...). Il serait trop fastidieux de les énumérer tous... Ils participent d'une démarche qui se situe entre celle des frères Dewaele (le côté mash-up de titres comme "Velours d'Ondes") et DJ Shadow (les samples utilisés pour générer des "climax" comme sur l'oppressant et fluvial "Voyageur Lambda" d'introduction). Le tout, sous l'influence revendiquée en toute décomplexion de Stromae (l'homme qui, sans le savoir, servi de déclic)
Souvent aussi, le cinéma s'invite dans cette musique : on y entend, ça et là, le Pacino queer de Cruising, le beau Louis Garrel; un film de série Z... tant de références qui dessinent un univers singulier. Patchwork qui passe ou qui casse.
Randy Washmatic n'est toutefois pas complètement déconnecté de Nelly Olleson. Le sacro-saint format pop des chansons et le rôle prépondérant de la voix sont au cœur des 12 titres qui composent cet album.
Disque à l'avenir incertain qui devrait prendre vie sur scène, à la fin de l'année (en rompant modérément l'exercice solo); "Poisson Pirate" ne demande qu'à vous rencontrer...
Attention : DANGER !
Si, comme lui, Claude Carpent aka Randy Washmatic, vient de passer le cap des 40e Rugissants; l'ancien chanteur de Nelly Olleson ne se risquera pourtant pas à grater une guitare électrique... Pour cause : il n'a jamais su en jouer !
Qu'à cela ne tienne : pour appaiser les angoisses de sa midlife crisis; il partage néanmoins le même remède : le retour à la musique.
Plus de 10 ans après la petite aventure avortée de Nelly Olleson; l'éternel amoureux de pop francophile revient aux affaires.
Annoncé depuis 8 ans, "Poisson Pirate" faisait figure d'arlésienne pour la poignée d'aficionados de la première heure. Longtemps, ce projet s'apparenta à une belle promesse d'intentions que les actes peinaient à relayer.
Quelques maladies de l'âme, au beau milieu de la trentaine (évoquées, pèle-mêle, dans le single éclaireur "Trentenaire Héroïque") ont progressivement conduit l'homme à se repositionner par rapport à une certaine forme de routine de plus en plus pesante et insupportable...
La musique comme échappatoire ultime ?
"Poisson Pirate" a effectivement tout l'air de l'album de la dernière chance.
Portrait d'un homme en artisan du doute; c'est avant tout un recueil de textes écrits entre 1998 (crépuscule de Nelly O) et 2011 (à l'aube de la quarantaine, donc)
Chacun de ces textes ayant en commun ce thème de la confiance bafouée (par soi-même, par les autres; au travers des médias, des jeux vidéo, des voyages, du "working 9 to 5", de la religion ...tant d'autres distractions...)
Pirate, cet animal l'est à plus d'un égard... Côté obscur et névrosé du poisson pilote; il est capable d'entraîner dans sa chute ses amis les plus proches...
"L'Extension du Conflit" révèle un changement majeur dans la manière dont l'auteur envisage sa musique aujourd'hui. Ce texte qui s'était déjà fait tailler un costard dans une vie antérieure; témoigne du virage négocié avec bien des partenaires involontaires.
Composé exclusivement sur ordinateur à l'aide du logiciel de M.A.O. "Reason"; la musique de Randy Washmatic (à mille lieue de celle de Nelly Olleson) use et abuse de samples en tout genres piochés dans la discothèque pléthorique de son auteur (pirate...au sens bootleg du terme...). Il serait trop fastidieux de les énumérer tous... Ils participent d'une démarche qui se situe entre celle des frères Dewaele (le côté mash-up de titres comme "Velours d'Ondes") et DJ Shadow (les samples utilisés pour générer des "climax" comme sur l'oppressant et fluvial "Voyageur Lambda" d'introduction). Le tout, sous l'influence revendiquée en toute décomplexion de Stromae (l'homme qui, sans le savoir, servi de déclic)
Souvent aussi, le cinéma s'invite dans cette musique : on y entend, ça et là, le Pacino queer de Cruising, le beau Louis Garrel; un film de série Z... tant de références qui dessinent un univers singulier. Patchwork qui passe ou qui casse.
Randy Washmatic n'est toutefois pas complètement déconnecté de Nelly Olleson. Le sacro-saint format pop des chansons et le rôle prépondérant de la voix sont au cœur des 12 titres qui composent cet album.
Disque à l'avenir incertain qui devrait prendre vie sur scène, à la fin de l'année (en rompant modérément l'exercice solo); "Poisson Pirate" ne demande qu'à vous rencontrer...
Attention : DANGER !
vendredi 10 juin 2011
Friendly Fires - Pala
Qu'il est bon de voir un groupe s'obstiner; creuser la veine...là où tant d'autres ne jurent que par le changement, sans même avoir pris le temps de se bonifier et d'exceller dans leur genre... Le fort honorable second album d'MGMT n'éclipsera jamais l'étincelle spectaculaire du disque qui les révéla...
Ed McFarlane et les siens semblent avoir bien compris qu'on ne change pas une recette qui gagne.
"Pala" reprend l'histoire exactement là où le premier album des Friendly Fires l'avait laissée : dans une débauche de musique pop trans-genre, taillée aussi bien pour les stades que pour les dancefloors. Disque quasiment home-made; "Pala" impressionne par une production bigger than life qui n'a qu'un seul but : vous faire bondir ! Electropicale, la pop bariolée des Friendly Fires a des vertus euphorisantes irrésistibles. Sans doute un des albums qui colle le mieux à son époque tout en lançant des ponts arc-en-ciel à ses aïeuls (le "Strangelove" de Depeche Mode joliment repris sur la version digitale de l'album) L'autre album de l'été...
Ed McFarlane et les siens semblent avoir bien compris qu'on ne change pas une recette qui gagne.
"Pala" reprend l'histoire exactement là où le premier album des Friendly Fires l'avait laissée : dans une débauche de musique pop trans-genre, taillée aussi bien pour les stades que pour les dancefloors. Disque quasiment home-made; "Pala" impressionne par une production bigger than life qui n'a qu'un seul but : vous faire bondir ! Electropicale, la pop bariolée des Friendly Fires a des vertus euphorisantes irrésistibles. Sans doute un des albums qui colle le mieux à son époque tout en lançant des ponts arc-en-ciel à ses aïeuls (le "Strangelove" de Depeche Mode joliment repris sur la version digitale de l'album) L'autre album de l'été...
Brent Cash vs Jim Cole : la battle.
D'un côté, un sacré briscard originaire d'Athens, en Géorgie; batteur de son état et auteur, il y a trois ans d'un des plus merveilleux albums de "sunshine pop" qu'on ait entendu depuis longtemps : "How will I know if I'm awake". C'est vrai qu'à l'écoute du premier opus de Brent Cash, on nageait souvent en pleine confusion des sens : vivions nous un rêve éveillé et permanent en compagnie de Brian Wilson électrifié par Spector et orchestré par André Popp. C'est dire si le successeur d' "How will I know..." était attendu comme le marchand de crème glacée en plein désert... "How strange it seems" arrive, tout en violons nostalgiques et percussions panoramiques. Brent Cash, en tant qu'arrangeur, n'a pas perdu la main... Très vite pourtant, la gène s'installe... Trop alambiqués, certains titres en oublient tout simplement d'être des chansons (où sont passés les "Digging the Faultline"). Pire, on a parfois la très désobligeante impression d'écouter une vieille compil' easy listening de the Fifth Dimension, summum du kitsch pompier... Certains titres se prennent pour des génériques de feuilletons tv ringards des années 60... là où, par le passé, les référence de Brent Cash sonnaient avec classe et panache...on déplore aujourd'hui une nostalgie mal fagotée... En parfait écho au magnifique "This sea, these waves" (point d'orgue de l'album précédent), on sauvera le très beau "Where do all the raindrops go" et on pleurera sur le reste d'un album qu'on aurait tant voulu adorer...
C'est sous nos latitudes qu'on retrouvera, non sans étonnement, ce côté west-coast qui enjolive instantanément les neurones et nous donne envie de sauter de joie partout partout. Jim Cole est belge. Beaucoup plus proche de la mer du nord que du Pacifique, donc... Et pourtant, sa musique - savant mélange de power pop matinée de soul - va vous faire surfer sur bien des vagues de bonheur. Immédiate et entraînante, la production de "When love's not enough" traverse en tout cas les océans et ce disque pourrait bien être promis à une carrière semblable à celle du "We sing, We dance, We steal things" d'un certain Jason Mraz.
On déplorera l'absence de cordes et on pense à ce qu'aurait pu faire Brent Cash de telles chansons, si seulement il en avait eu l'étincelle...
C'est sous nos latitudes qu'on retrouvera, non sans étonnement, ce côté west-coast qui enjolive instantanément les neurones et nous donne envie de sauter de joie partout partout. Jim Cole est belge. Beaucoup plus proche de la mer du nord que du Pacifique, donc... Et pourtant, sa musique - savant mélange de power pop matinée de soul - va vous faire surfer sur bien des vagues de bonheur. Immédiate et entraînante, la production de "When love's not enough" traverse en tout cas les océans et ce disque pourrait bien être promis à une carrière semblable à celle du "We sing, We dance, We steal things" d'un certain Jason Mraz. On déplorera l'absence de cordes et on pense à ce qu'aurait pu faire Brent Cash de telles chansons, si seulement il en avait eu l'étincelle...
Mia Doi Todd - Cosmic Ocean Ship
Pour les gens de ma génération, les années hippies ont ceci de passionnant qu'elles vous ramènent dans cet état pré-embryonnaire auréolé de mysticisme et de mystère. "Cosmic Ocean Ship" (titre ô combien mystique et hippie) est sans doute le genre d'album que nos parents écoutaient lors de notre conception, au début des années 70... En tout cas, on le souhaiterait vraiment; tant cette musique semble tombée du paradis.
Pour son neuvième album, la chanteuse californienne Mia Doi Todd a décidé de revenir à des méthodes d'enregistrement analogiques, proche des techniques utilisées à l'époque bénie des sous-pull acrylique... Le résultat est absolument renversant. "Cosmic Ocean Ship" est tout bonnement le plus bel album acoustique paru depuis des années. Empruntant tant à Baden Powell qu'à Linda Perhac, Carly Simon ou Karen Carpenter; ce disque est un pur joyau gorgé de soleil et de mélodies crystalines. Une véritable alchimie entre la nudité la plus pure et la luxuriance la plus envoûtante. Magnifiquement mise en son par Jonathan Wilson, la voix de Mia a rarement été aussi lumineuse. Un album indispensable pour que l'été ne s'arrête jamais...
Pour son neuvième album, la chanteuse californienne Mia Doi Todd a décidé de revenir à des méthodes d'enregistrement analogiques, proche des techniques utilisées à l'époque bénie des sous-pull acrylique... Le résultat est absolument renversant. "Cosmic Ocean Ship" est tout bonnement le plus bel album acoustique paru depuis des années. Empruntant tant à Baden Powell qu'à Linda Perhac, Carly Simon ou Karen Carpenter; ce disque est un pur joyau gorgé de soleil et de mélodies crystalines. Une véritable alchimie entre la nudité la plus pure et la luxuriance la plus envoûtante. Magnifiquement mise en son par Jonathan Wilson, la voix de Mia a rarement été aussi lumineuse. Un album indispensable pour que l'été ne s'arrête jamais...
jeudi 19 mai 2011
Danger Mouse & Daniele Luppi present "Rome" (starring Jack White & Norah Jones)
Tous les chemins mènent quelque part... Depuis quelques années déjà, dans le domaine musical, ils semblent converger vers un seul homme : silhouette sombre et filiforme; presqu'aussi barbue qu'un taliban... Danger Mouse.
Ce nom évoque bien sûr une multitude de projets et de collaborations (Gorillaz, Gnarls Barkley, Beck, Dark Night of the Soul, The Black Keys, Broken Bells...) Tant de routes jalonnées par l'excellence et l'inventivité...courues par nombre d'artistes en quête de crédibilité.
Et c'est finalement à Rome que le musicien producteur a décidé de poser ses valises et de mettre sur pied un projet qui ravira autant les fans d'Ennio Morricone , de Western Spaghetti...mais aussi des White Stripes...
En compagnie du compositeur italien Daniele Lupi, Danger Mouse a mis sur pieds l'extraordinaire bande son d'un western moderne. Ensemble ils ont confié à la belle Norah Jones et aux ténébreux Jack White les roles principaux de cette aventure musicale.
Si on avait l'image, on verrait bien Johnny Depp & Kate Winslet crever l'écran d'un bon vieux film des années 30... Mais on ne s'attardera pas trop sur le visuel qui accompagne effectivement l'album... Développé spécialement par des techniciens associés à Google, l'imagerie officielle de Rome s'avère laborieuse et parfaitement dispensable...
On fermera donc les yeux sans peine, pour plonger corps et âmes dans ce bain de cordes sensuelles et envoûtantes...Ces textures cinématographiques et pop brillamment campées par deux interprètes de premier choix n'auront de cesse de nous emporter vers une excellence sonore renversante.
En écoutant ce disque, nous n'allons pas seulement à Rome. En écoutant ce disque : nous irons tous au Paradis.
Ce nom évoque bien sûr une multitude de projets et de collaborations (Gorillaz, Gnarls Barkley, Beck, Dark Night of the Soul, The Black Keys, Broken Bells...) Tant de routes jalonnées par l'excellence et l'inventivité...courues par nombre d'artistes en quête de crédibilité.
Et c'est finalement à Rome que le musicien producteur a décidé de poser ses valises et de mettre sur pied un projet qui ravira autant les fans d'Ennio Morricone , de Western Spaghetti...mais aussi des White Stripes...
En compagnie du compositeur italien Daniele Lupi, Danger Mouse a mis sur pieds l'extraordinaire bande son d'un western moderne. Ensemble ils ont confié à la belle Norah Jones et aux ténébreux Jack White les roles principaux de cette aventure musicale.
Si on avait l'image, on verrait bien Johnny Depp & Kate Winslet crever l'écran d'un bon vieux film des années 30... Mais on ne s'attardera pas trop sur le visuel qui accompagne effectivement l'album... Développé spécialement par des techniciens associés à Google, l'imagerie officielle de Rome s'avère laborieuse et parfaitement dispensable...
On fermera donc les yeux sans peine, pour plonger corps et âmes dans ce bain de cordes sensuelles et envoûtantes...Ces textures cinématographiques et pop brillamment campées par deux interprètes de premier choix n'auront de cesse de nous emporter vers une excellence sonore renversante.
En écoutant ce disque, nous n'allons pas seulement à Rome. En écoutant ce disque : nous irons tous au Paradis.
dimanche 15 mai 2011
Miles Kane - Colour of the Trap
Il y a deux ans, un duo anglais défrayait la chronique du monde de la pop avec un grand 'O' comme "orchestrale".
Les Last Shadow Puppets, remettaient sur le devant de la scène le songwriting façon "Brill Building" et "Golden Sixties" avec une bonne dose d'énergie sauvage et savamment étudiée pour galvaniser les foules.
Il faut dire que le binome, bien que très juvénile, n'en était pas à son coup d'essai. Alex Turner officie en effet depuis des années au sein des Arctic Monkeys, dont il est le leader. Quand à Miles Kane, ami d'Alex Turner, sa réputation de bête de scène au sein des défunts Rascals n'est plus à faire.
"The Age of Understatement" rencontra un succès amplement mérité. Et, tandis qu'Alex Turner s'apprête à partir en tournée avec les Arctic Monkeys à l'occasion de la sortie du nouvel album du groupe; Miles Kane est fermement décidé à ne pas pleurer la mort de ses Rascals en se tournant les pouces.
Et son premier album solo pourrait bien renouer avec le succès des Puppets.
D'emblée l'écoute de "Colour of the Trap" démontre que Kane a su mettre à profit ses royalties pour offrir à l'auditeur une production de grande classe. La plupart des titres n'auraient pas dépareillés sur "The Age of Understatement". Il faut dire qu'Alex Turner n'était pas très loin. Bien que n'ayant pas pris part à l'enregistrement du disque, le leader des Monkeys fut consultant de luxe sur l'album.
Partagé entre titres de pop spectorienne calibrés pour les ondes ("Rearrange",single actuel); et morceau de rock tendus ("Inhaler" et sa lourde charge sexuelle...qui ferait un excellent générique pour un film de Tarantino) Colour of the Trap est une mine d'or pour tout les fans de pop anglaise, nostalgiques des Beatles ou de Pulp. Un petit jeune qui a de l'avenir...et beaucoup de classe.
Les Last Shadow Puppets, remettaient sur le devant de la scène le songwriting façon "Brill Building" et "Golden Sixties" avec une bonne dose d'énergie sauvage et savamment étudiée pour galvaniser les foules.
Il faut dire que le binome, bien que très juvénile, n'en était pas à son coup d'essai. Alex Turner officie en effet depuis des années au sein des Arctic Monkeys, dont il est le leader. Quand à Miles Kane, ami d'Alex Turner, sa réputation de bête de scène au sein des défunts Rascals n'est plus à faire.
"The Age of Understatement" rencontra un succès amplement mérité. Et, tandis qu'Alex Turner s'apprête à partir en tournée avec les Arctic Monkeys à l'occasion de la sortie du nouvel album du groupe; Miles Kane est fermement décidé à ne pas pleurer la mort de ses Rascals en se tournant les pouces.
Et son premier album solo pourrait bien renouer avec le succès des Puppets.
D'emblée l'écoute de "Colour of the Trap" démontre que Kane a su mettre à profit ses royalties pour offrir à l'auditeur une production de grande classe. La plupart des titres n'auraient pas dépareillés sur "The Age of Understatement". Il faut dire qu'Alex Turner n'était pas très loin. Bien que n'ayant pas pris part à l'enregistrement du disque, le leader des Monkeys fut consultant de luxe sur l'album.
Partagé entre titres de pop spectorienne calibrés pour les ondes ("Rearrange",single actuel); et morceau de rock tendus ("Inhaler" et sa lourde charge sexuelle...qui ferait un excellent générique pour un film de Tarantino) Colour of the Trap est une mine d'or pour tout les fans de pop anglaise, nostalgiques des Beatles ou de Pulp. Un petit jeune qui a de l'avenir...et beaucoup de classe.
samedi 7 mai 2011
Cyril Mokaiesh vs Alex Beaupain : la Battle
Nul ne peut l'ignorer : en France, la campagne électorale a bel et bien commencé. Le choc des factions s'apprête à faire rage. La droite ne lésine pas sur l'artillerie lourde : Johnny recrute M (n'y a-t-il pas plus belle définition de la lourdeur ?) et Carla B renie ses premières amours (au moins comme ça, on aura pas à ressortir Mireille Mathieu du placard à geishas...)
A gauche, les rangs se ressèrent de façon plus inattendue. Ce qui est sûr, c'est que le rouge est bien de mise. Sur l'album de Joseph d'Anvers, paru il y a quelques semaines; mais aussi sur les deux nouveaux disques dont il est question ici.
D'un côté, la chanson façon "écorché vif" de Cyril Mokaiesh. Son album "Du Rouge et des Passions" est une révolte amoureuse permanente. Un disque qui n'hésite pas à s'attaquer au cynisme de notre époque avec un certain aplomb. Mokaiesh emprunte autant à Léo Ferré qu'à Joe Dassin mais devrait néanmoins faire attention à mieux juguler sa fougue s'il ne souhaite pas tomber dans une irréparable crise de "caliïte aigüe"... Qu'on se rassure, une excellente reprise du "Chère Amie" de Marc Lavoine montre qu'on en est encore loin...
Plus subtil et insidieux, Alex Beaupain nous revient avec un album aux tonalités électro sobres. Le rouge de la pochette ne trompe pas. Et un titre comme "Au départ" (retraçant l'histoire de la gauche française de 1981 à 2002 confirme qu'ici aussi on est en campagne). Mais Beaupain a plus de savoir faire. Habitué des musiques de films pour Christophe Honoré; il construit ses albums avec un souci cinématographique de la narration. On voit moins les fils. D'apparence pop et anodine à la première écoute, le disque bascule dès "Sur Toute la Ligne" (balade électro que n'auraient pas renié Discodéïne) vers une histoire d'amour en laquelle chacun se reconnaît aisément. Très vite, l'album se révèle entêtant et nous aidera à patienter jusqu'au prochain Biolay (Beaupain démontre ça et là qu'il sait lui aussi très bien y faire avec les cordes).
A gauche, les rangs se ressèrent de façon plus inattendue. Ce qui est sûr, c'est que le rouge est bien de mise. Sur l'album de Joseph d'Anvers, paru il y a quelques semaines; mais aussi sur les deux nouveaux disques dont il est question ici.
D'un côté, la chanson façon "écorché vif" de Cyril Mokaiesh. Son album "Du Rouge et des Passions" est une révolte amoureuse permanente. Un disque qui n'hésite pas à s'attaquer au cynisme de notre époque avec un certain aplomb. Mokaiesh emprunte autant à Léo Ferré qu'à Joe Dassin mais devrait néanmoins faire attention à mieux juguler sa fougue s'il ne souhaite pas tomber dans une irréparable crise de "caliïte aigüe"... Qu'on se rassure, une excellente reprise du "Chère Amie" de Marc Lavoine montre qu'on en est encore loin...
Plus subtil et insidieux, Alex Beaupain nous revient avec un album aux tonalités électro sobres. Le rouge de la pochette ne trompe pas. Et un titre comme "Au départ" (retraçant l'histoire de la gauche française de 1981 à 2002 confirme qu'ici aussi on est en campagne). Mais Beaupain a plus de savoir faire. Habitué des musiques de films pour Christophe Honoré; il construit ses albums avec un souci cinématographique de la narration. On voit moins les fils. D'apparence pop et anodine à la première écoute, le disque bascule dès "Sur Toute la Ligne" (balade électro que n'auraient pas renié Discodéïne) vers une histoire d'amour en laquelle chacun se reconnaît aisément. Très vite, l'album se révèle entêtant et nous aidera à patienter jusqu'au prochain Biolay (Beaupain démontre ça et là qu'il sait lui aussi très bien y faire avec les cordes).
lundi 25 avril 2011
Metronomy - The English Riviera
Mais que s'est-il passé ? Par quelle miracle le soleil a-t-il décidé de poser sa chaude et radieuse clémence sur une musique autrefois si hermétique et sombre?
D'emblée, je l'avoue, je n'ai pas aimé "Nights Out", le précédent disque de Metronomy. Pour moi, les dithyrambes et autres éloges qui accompagnèrent la sortie de ce disque n'étaient rien d'autre que de la hype. Et vas-y que je te balance du "nouveau New Order" à tout va. Pour moi la seule et unique question qui me vient à l'esprit à l'écoute pénible de "Nights Out" (oui oui, j'ai essayé récemment de donner une seconde chance à ce disque...) c'est : où sont les chansons ?
Depuis quelques mois cependant, la musique de Metronomy semble sortir de son marasme amorphe. Quelques remixes pour Charlotte Gainsbourg, Gorillaz, CSS, Air... et j'en passe; semblent avoir ouvert l'esprit à Joseph Mount et aux siens.
Porté par le sautillant "The Look", le nouvel album du groupe témoigne d'une radicale transformation. Des jours meilleurs semblent bel et bien sourire aux anglais originaires du Devon.
Une transformation comparable à celle de Pulp en son temps.
Rien que par son titre "The English Riviera" évoque, non sans ironie, ce besoin d'hédonisme et de souplesse qui semble désormais animer le quatuor. Bon, bien sûr, on est tout de même pas chez Jamiroquai, à se dandiner du popotin à tout va devant des posters de Ferrari (pas Lolo, la voiture)... Mais on se surprend souvent à se dire que MGMT, c'était tout de même mieux avant...quand ils faisaient de la musique comme Metronomy aujourd'hui... J'exagère encore mais je trouve tout de même que "The English Riviera", tout comme "Oracular Spectacular", il n'y a pas si longtemps, est la plus chouette façon de conjuguer la pop à toutes les modes.
La très bonne surprise du moment.
D'emblée, je l'avoue, je n'ai pas aimé "Nights Out", le précédent disque de Metronomy. Pour moi, les dithyrambes et autres éloges qui accompagnèrent la sortie de ce disque n'étaient rien d'autre que de la hype. Et vas-y que je te balance du "nouveau New Order" à tout va. Pour moi la seule et unique question qui me vient à l'esprit à l'écoute pénible de "Nights Out" (oui oui, j'ai essayé récemment de donner une seconde chance à ce disque...) c'est : où sont les chansons ?
Depuis quelques mois cependant, la musique de Metronomy semble sortir de son marasme amorphe. Quelques remixes pour Charlotte Gainsbourg, Gorillaz, CSS, Air... et j'en passe; semblent avoir ouvert l'esprit à Joseph Mount et aux siens.
Porté par le sautillant "The Look", le nouvel album du groupe témoigne d'une radicale transformation. Des jours meilleurs semblent bel et bien sourire aux anglais originaires du Devon.
Une transformation comparable à celle de Pulp en son temps.
Rien que par son titre "The English Riviera" évoque, non sans ironie, ce besoin d'hédonisme et de souplesse qui semble désormais animer le quatuor. Bon, bien sûr, on est tout de même pas chez Jamiroquai, à se dandiner du popotin à tout va devant des posters de Ferrari (pas Lolo, la voiture)... Mais on se surprend souvent à se dire que MGMT, c'était tout de même mieux avant...quand ils faisaient de la musique comme Metronomy aujourd'hui... J'exagère encore mais je trouve tout de même que "The English Riviera", tout comme "Oracular Spectacular", il n'y a pas si longtemps, est la plus chouette façon de conjuguer la pop à toutes les modes.
La très bonne surprise du moment.
Timber Timbre - Creep On Creepin' On
D'une absolue modernité, la musique de Timber Timbre se joue des codes du blues, du folk et même de la musique orchestrale. Le trio canadien officie depuis quelques années dans une confidentialité injuste... Leur nouvel album pourrait bien changer la donne. On pense ici aux Black Keys, là aux Tindersticks. Mais dans des sphères supérieures. A mille lieues des formats rassurants de la pop; la musique de Timber Timbre est pourtant sexy et séduisante. Elle sait aussi se faire inquiétante par endroits. L'usage cinématographique et parcimonieux des cordes fait définitivement de ce disque un ovni musical. Depuis quelques jours, le fabuleux single "Black Water"(prends en de la graine Radiohead) et son entêtant refrain "all I need is some sunshine..." tourne en boucle dans mon I-Pod...preuve s'il en est du pouvoir indéniable de ces chansons envoûtantes et envoûtées sur notre monde. D'ores et déjà un des grands albums de 2011.
Adam Kesher - Challenging Nature
Dur dur de survivre à l'ère post-electro-clash ?
Adam Kesher répond en toute décontraction à cette question, par un album percutant, jouissif et génial.
Qui se cache derrière ce pseudonyme sorti tout droit de Mulholland Drive ?
Une volonté de brouiller les pistes, d'abord.
Adam Kesher est un groupe. Pas un homme seul.
A l'écoute de sa musique, on le jurerait londonien ou berlinois... il est français. Mais, fort heureusement, et ce même si le son du groupe doit beaucoup à la "D.J. Culture", Adam K. n'a aucun lien de parenté avec David Guetta ou Bob Sinclar.
A la fois noctambule et radieuse; rock et disco, la musique du groupe enflamme nos jambes et nos méninges avec malice (sur un "Gravy Train" que n'auraient pas renié The Rapture, par exemple).
Si "Challenging Nature" pourrait se traduire par "chasser le naturel...", gageons que son galop de cheval fou reviendra longtemps rythmer nos soirées les plus déjantées...
Adam Kesher répond en toute décontraction à cette question, par un album percutant, jouissif et génial.
Qui se cache derrière ce pseudonyme sorti tout droit de Mulholland Drive ?
Une volonté de brouiller les pistes, d'abord.
Adam Kesher est un groupe. Pas un homme seul.
A l'écoute de sa musique, on le jurerait londonien ou berlinois... il est français. Mais, fort heureusement, et ce même si le son du groupe doit beaucoup à la "D.J. Culture", Adam K. n'a aucun lien de parenté avec David Guetta ou Bob Sinclar.
A la fois noctambule et radieuse; rock et disco, la musique du groupe enflamme nos jambes et nos méninges avec malice (sur un "Gravy Train" que n'auraient pas renié The Rapture, par exemple).
Si "Challenging Nature" pourrait se traduire par "chasser le naturel...", gageons que son galop de cheval fou reviendra longtemps rythmer nos soirées les plus déjantées...
Rumer - Seasons of My Soul
Clone vocal troublant de Karen Carpenter, il était normal que Sarah Joyce (aka Rumer) se voit adoubée par l'immense Burt Bacharach, et ce, dès son premier album.
La jeune anglo-pakistanaise pratique un genre peu emprunté de nos jours et s'en sort plutôt bien : l'easy-listening, tendance mélancolique, des années 70.
En soit, il en faut du cran et de l'envergure pour endosser ces chansons sans tomber dans la guimauve et le ridicule. Bien qu'un peu trop engoncée dans l'écrasant modèle que constitue la musique des Carpenters; Rumer surnage avec classe, forte d'un organe vocal au pouvoir envoûtant. La production est soyeuse à souhait. L'équilibre fragile mais bel et bien là. Reste à espérer que l'artiste parviendra à affirmer sa propre personnalité et ne tombera pas dans la redite dès le second album. Pour l'heure, nous aurions tort de bouder notre plaisir... "What the world needs now is love, sweet love..." et ce n'est pas ce bon vieux Burt qui dira le contraire...
La jeune anglo-pakistanaise pratique un genre peu emprunté de nos jours et s'en sort plutôt bien : l'easy-listening, tendance mélancolique, des années 70.
En soit, il en faut du cran et de l'envergure pour endosser ces chansons sans tomber dans la guimauve et le ridicule. Bien qu'un peu trop engoncée dans l'écrasant modèle que constitue la musique des Carpenters; Rumer surnage avec classe, forte d'un organe vocal au pouvoir envoûtant. La production est soyeuse à souhait. L'équilibre fragile mais bel et bien là. Reste à espérer que l'artiste parviendra à affirmer sa propre personnalité et ne tombera pas dans la redite dès le second album. Pour l'heure, nous aurions tort de bouder notre plaisir... "What the world needs now is love, sweet love..." et ce n'est pas ce bon vieux Burt qui dira le contraire...
Keren Ann - 101
Ainsi, la tendance actuelle serait-elle de débuter tout album par un morceau qui n'a rien à voir avec le reste du disque ?
En écoutant "My Name is Trouble", single éclaireur du nouvel opus de Keren Ann on se dit que la jolie franco-néérlandaise a enfin décidé de renouer avec le succès pop des ses premières écoles. Bien que lorgnant plus du côté de chez Feist que chez Biolay, son compagnon de la première heure; on ne peut s'empêcher d'y croire. Keren Ann va enfin être la reine des radio FM qu'elle n'aurait jamais du cesser d'être (et ce depuis "Jardin d'Hiver")... Mais dès le second titre de l'album, c'est le grand retour de l'Americana... On se retrouve un peu la queue entre les jambes...mais si l'on est pas dépourvu d'oreilles, la déception n'est que de courte durée. D'accord, la folkeuse est de retour...et ce n'est pas la meilleure des nouvelles... On se souvient du raté (et bien nommé) "Not Going Anywhere" et l'on s'apprête à bailler aux corneilles...mais on a pas oublié non plus les fulgurances de l'intriguant "Nolita". Et c'est justement cette veine suave, boisée et un peu dérangée que Keren Ann a décidé de creuser.
Au final, "101" est, à ce jour, son album le plus cohérent. Chœurs angéliques, violons planants... maîtrise des atmosphères et des arrangements. Le tout au service d'une écriture classique et impressionnante de maturité. Un disque dont on attendait beaucoup...puis plus rien...et, finalement, qui nous donne tout. Désarmant.
En écoutant "My Name is Trouble", single éclaireur du nouvel opus de Keren Ann on se dit que la jolie franco-néérlandaise a enfin décidé de renouer avec le succès pop des ses premières écoles. Bien que lorgnant plus du côté de chez Feist que chez Biolay, son compagnon de la première heure; on ne peut s'empêcher d'y croire. Keren Ann va enfin être la reine des radio FM qu'elle n'aurait jamais du cesser d'être (et ce depuis "Jardin d'Hiver")... Mais dès le second titre de l'album, c'est le grand retour de l'Americana... On se retrouve un peu la queue entre les jambes...mais si l'on est pas dépourvu d'oreilles, la déception n'est que de courte durée. D'accord, la folkeuse est de retour...et ce n'est pas la meilleure des nouvelles... On se souvient du raté (et bien nommé) "Not Going Anywhere" et l'on s'apprête à bailler aux corneilles...mais on a pas oublié non plus les fulgurances de l'intriguant "Nolita". Et c'est justement cette veine suave, boisée et un peu dérangée que Keren Ann a décidé de creuser.
Au final, "101" est, à ce jour, son album le plus cohérent. Chœurs angéliques, violons planants... maîtrise des atmosphères et des arrangements. Le tout au service d'une écriture classique et impressionnante de maturité. Un disque dont on attendait beaucoup...puis plus rien...et, finalement, qui nous donne tout. Désarmant.
Joseph d'Anvers "Rouge Fer"
Partiellement gâché par un usage intempestif du franglais (entendez un mélange de poésie française sortie tout droit du journal intime d'un adolescent attardé et un anglais de terminale b), le troisième album de Joseph d'Anvers commence pourtant très fort. Rarement l'ouverture d'un disque n'aura été aussi magistrale que ce "Ma Peau Va te Plaire" de très haute facture. Un titre poliment refusé par Alain Bashung lors des sessions "Bleu Petrole". Sans doute trop révérencieux ou référencé ("Madame Rêve" ou "La nuit je mens" en trame de fond un peu trop présente). Qu'importe, à défaut de bleu, le "Rouge Fer" va très bien à ce morceau qui plane très au dessus du chapelet d'autres chansons qui composent cet album. Longtemps présenté comme le petit frère de Miossec; Joseph d'Anvers avait souhaité s'éloigner du carcan un peu trop étriqué de la "nouvelle chanson française". Pour son deuxième disque, en effet, il s'était envolé pour les U.S.A. où, en compagnie des Beastie Boys et de Beck, il avait tenté de redéfinir les contours de sa power-pop. Cette fructueuse collaboration lui a permis d'acquérir une certaine efficacité dans l'écriture de chansons aux couplets acérés et refrains imparables.
Hélas, si le plumage s'avère plus que séduisant; le ramage souffre souvent d'un simplisme indigent... et la question qui se pose à l'écoute du disque est sans appel : "Pour un Bashung...combien de Raphael ou de Joseph d'Anvers ?"
Hélas, si le plumage s'avère plus que séduisant; le ramage souffre souvent d'un simplisme indigent... et la question qui se pose à l'écoute du disque est sans appel : "Pour un Bashung...combien de Raphael ou de Joseph d'Anvers ?"
jeudi 7 avril 2011
Jamie Woon - Mirrorwriting
L'essai tenté, et réussi un peu trop partiellement par l'ami James Blake se trouve ici transformé de main de maître par un jeune singer/songwriter sorti de nulle part.
Il y a beaucoup de similitudes entre Blake & Woon.
A commençer par cette voix angélique et ces emprunts aux codes du dubstep et du downtempo tendance electro.
Ce qui les sépare est sans doute la conception de l'écriture musicale. Si, chez James Blake, la voix est un instrument parmi d'autres; pour Woon, elle est l'axe central d'une sublime et minutieuse machinerie dédiée aux rythmes nocturnes. Moins aventureuse que chez Blake, la musique de James Woon se veut plus accessible. Plus pop. Carrément catchy parfois (les singles "Night Air" et "Lady Luck") c'est une pop qui fait du bien. Capable de nous entraîner sur des sentiers encore inexplorés. Un disque généreux dont on ressort serein et comblé.
Il y a beaucoup de similitudes entre Blake & Woon.
A commençer par cette voix angélique et ces emprunts aux codes du dubstep et du downtempo tendance electro.
Ce qui les sépare est sans doute la conception de l'écriture musicale. Si, chez James Blake, la voix est un instrument parmi d'autres; pour Woon, elle est l'axe central d'une sublime et minutieuse machinerie dédiée aux rythmes nocturnes. Moins aventureuse que chez Blake, la musique de James Woon se veut plus accessible. Plus pop. Carrément catchy parfois (les singles "Night Air" et "Lady Luck") c'est une pop qui fait du bien. Capable de nous entraîner sur des sentiers encore inexplorés. Un disque généreux dont on ressort serein et comblé.
Cascadeur - The Human Octopus
Un album sans relief...c'est ce qu'une oreille habituée aux écoutes superficielles aurait tendance à déplorer en découvrant "The Human Octopus". Chaque chanson semble, de prime abord, construite rigoureusement sur le même schéma. Chaque titre pourrait bel et bien illustrer le mythe de Sisyphe et de l'éternel recommencement... Mais une oreille avide de beauté profonde aura tôt fait de corriger ces impressions hâtives qui caractérisent de plus en plus la manière dont nous appréhendons la musique...et toutes choses en général...
Un album sans relief...mais qui ne contiendrait que des sommets !
Voilà sans doute la définition parfaite d'un des plus émouvants disques de ce printemps.
"The Human Octopus" est une pûre féérie dans laquelle je ne peux que vous recommander de vous immerger, en toute confiance.
Semblant vouloir nous protéger de la rudesse du monde qui nous entoure, Cascadeur nous emmène sous son casque d'aviateur et nous fait virevolter, sans aucune doublure... devenant ainsi le Rémi Julienne de nos émotions les plus folles.
Sensations d'apesanteur garanties.
Un album sans relief...mais qui ne contiendrait que des sommets !
Voilà sans doute la définition parfaite d'un des plus émouvants disques de ce printemps.
"The Human Octopus" est une pûre féérie dans laquelle je ne peux que vous recommander de vous immerger, en toute confiance.
Semblant vouloir nous protéger de la rudesse du monde qui nous entoure, Cascadeur nous emmène sous son casque d'aviateur et nous fait virevolter, sans aucune doublure... devenant ainsi le Rémi Julienne de nos émotions les plus folles.
Sensations d'apesanteur garanties.
Julien Doré - Bichon
Sur la pochette de son nouvel album, le dandy télévisuel pose en parfaite tête à claques. Sans complexe, il cite C Jérome (en franglais dans le texte) sur "Kiss me forever", premier single extrait d'un chapelet de chansons franches du collier. Décomplexées de tout.
Je le dis d'emblée. Il n'y aura aucun soufflet à l'égard de ce gars à l'écriture aussi incisive et drôle qu'impeccable et surréaliste.
Plus mainstream qu'Arnaud Fleurent Didier; Julien D adopte comme lui les codes de la pop à papa et les détourne avec classe.
Après un premier disque de commande un tantinet dispersé, l'ersatz de la Nouvelle Star, resserre le propos (unité de ton musicale) mais sait aussi s'offrir des featurings de diva (Françoise Hardy, Philippe Katerine, Yvette Horner, Dominique A...cherchez l'intrus ;)
Sous les pavés la hype ? Oui...mais sous la hype: l'émotion...inattendue...et bien là.
Je le dis d'emblée. Il n'y aura aucun soufflet à l'égard de ce gars à l'écriture aussi incisive et drôle qu'impeccable et surréaliste.
Plus mainstream qu'Arnaud Fleurent Didier; Julien D adopte comme lui les codes de la pop à papa et les détourne avec classe.
Après un premier disque de commande un tantinet dispersé, l'ersatz de la Nouvelle Star, resserre le propos (unité de ton musicale) mais sait aussi s'offrir des featurings de diva (Françoise Hardy, Philippe Katerine, Yvette Horner, Dominique A...cherchez l'intrus ;)
Sous les pavés la hype ? Oui...mais sous la hype: l'émotion...inattendue...et bien là.
Mogwai - Hardcore will Never die but you will
Je n'ai jamais très bien su ce que signifiait la terminologie : "Post-Rock". Genre musical apparu au milieu des années 90; en réponse aux guitares ultra-calibrées des productions Butch Vig. Il est vrai qu'à cet époque; le rock avait un peu perdu ses couilles... euh, pardon, sa spontanéïté... Garbage et son rock Pro-Tools (le bien nommé "Version 2.0") avait sans doute fini par en écœurer plus d'un... Hors format; à la fois fascinante et foudroyante; la musique de Mogwai incarne cette tendance à contre courant. Des chansons qui n'en sont pas (quasiment aucune voix). Des morceaux étirés aux confins du possible.
Beau, tendu; lumineux et sombre à la fois : "Hardcore Will Never Die but You will" est encore un chef-d'oeuvre. Disque de chevet durant ma convalescence. Bande son de vos plus somptueux cauchemars. Ne passez surtout pas à côté du 2e CD offert avec l'album. Celui ci contient un morceau dantesque intitulé "Music for a Forgotten Future". En 23 minutes de quintescence pûre, Mogwaï redéfinit la grace.
Et si on pouvait, une fois encore, donner un conseil à Lady Gaga; on ne lui demanderait pas d'écouter cet album...juste de recopier 100 fois son titre, dans son cahier de punitions (elle qui nous en inflige tant...)
Beau, tendu; lumineux et sombre à la fois : "Hardcore Will Never Die but You will" est encore un chef-d'oeuvre. Disque de chevet durant ma convalescence. Bande son de vos plus somptueux cauchemars. Ne passez surtout pas à côté du 2e CD offert avec l'album. Celui ci contient un morceau dantesque intitulé "Music for a Forgotten Future". En 23 minutes de quintescence pûre, Mogwaï redéfinit la grace.
Et si on pouvait, une fois encore, donner un conseil à Lady Gaga; on ne lui demanderait pas d'écouter cet album...juste de recopier 100 fois son titre, dans son cahier de punitions (elle qui nous en inflige tant...)
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