La vie est une compil. Chaque jour est une playlist. L'amour est un remix...
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dimanche 29 mai 2011

Isabelle Antena - London Calling - 28/05/2011







Ce concert était un pur fantasme pour moi... Il me ramène au beau milieu des années 80. L'époque où le nom d'Isabelle Antena était sur toutes les lèvres des aficionados d'une certaine pop à la fois subtile et légère. Une pop devenue culte aujourd'hui.
Le rêve de réentendre "Le Poisson des Mers du Sud" dans une interpretation des plus justes et rafinées est devenu réalité, hier, à l'occasion de Brussels Jazz Marathon.
Ce "Poisson..." est, à mes yeux, une des 10 plus belles chansons pop de tous les temps. L'absence d'Isabelle Antena dans le paysage musical actuel, est  une flagrante injustice. Bien sûr, il y a la reconnaissance des pairs : nombre de fans parmi la DJ Culture (de Thievery Corporation à Buscemi, en passant par Joakim ou Nouvelle Vague) mais, soyons honnêtes, qui, dans la foule, connaît encore Isabelle Antena de nos jours ? Et surtout, qui sait que l'artiste continue, bien des années après l'aventure du "pauvre poisson" à publier des albums aussi personnels qu'attachants.
Le bonheur de retrouver Isabelle sur une scène belge est double. D'abord parce que je me souviens du tout dernier concert donné au Botanique, en 1993; peu après la mort de Dirk Schoufs, son compagnon d'alors.
La triste disparition du bassiste de Vaya Con Dios (qui co réalisa deux des meilleurs albums d'Isabelle) avait marqué ce concert de façon assez tragique. J'assistai alors au triste spectacle d'une femme éplorée qui s'accrochait éperdument à sa musique; noyée sous le chagrin; en perdition totale... Isabelle ne reviendrait pas jouer de sitôt en Belgique...trop de souvenirs douloureux...
Mais aujourd'hui, le coeur était à la fête. Le public gentiment convié au concert allait, de surcroit, avoir l'immense bonheur de pouvoir souhaiter un joyeux anniversaire à Isabelle; et mesurer à quel point ce timbre de voix si familier a su rester intact. Mais le plus grand plaisir de la soirée était de voir qu'Isabelle a su s'entourer de ce qui se fait de mieux en matière d'accompagnateurs de jazz aujourd'hui, en Belgique. Denis Moulin, son amoureux de bassiste; Paul Curtiz à la guitare; Hans Hellewaut au saxophone et Marco Demersman à la batterie. Avec ses amis de longue date, Isabelle a offert à la soixantaine de veinards présents hier soir dans le minuscule London Calling de la rue de Dublin; un double set de jazz bossa impeccable. A la fois décontracté et émouvant (et sans doute un peu trop arrosé pour ma part...) ce concert inespéré est devenu une délicieuse réalité.

Reste à espérer qu'Isabelle revienne nous voir, dans une salle à sa mesure...Et pas dans 20 ans...

Zazie - Halles de Schaerbeek - 27/05/2011

Les détracteurs d'Isabelle Marie Anne de Truchis de Varennes ont sans doute vécu un de leurs pires cauchemars en cette fin de semaine, à Bruxelles... Zazie était de passage en Belgique pour 3 dates.
A sa façon, la chanteuse réinvente le concept de "résidence" en jouant non pas dans une mais dans trois salles différerentes. (L'Ancienne Belgique - Les Halles de Schaerbeek et le Cirque Royal)...n'en déplaise à ses roadies...
Ayant préféré le vendredi, je me suis donc retrouvé aux Halles pour assister à un des trois concert. Le moins qu'on puisse dire, c'est que Zazie a le sens de la ponctualité très affuté et qu'elle ne se préoccupe nullement de la problématique des places de parking dans le quartier de l'église Royale Ste Marie...Prévu a 20 heure, le show ne s'embarrasse pas du quart d'heure académique... Tant pis pour moi... J'aurai donc loupé les premières mesures du titre d'ouverture...mais, pour autant, n'aurai nulle peine à rentrer dans l'ambiance.
Une ambiance un peu froide au début. La mise en scène est assez impersonnelle. C'est de la musique que viendra le salut. Le son, d'abord, presqu'aussi impeccable aux Halles qu'à l'AB (dixit des amis qui y étaient la veille). Les musiciens, ensuite. Avec Mathieu Rabbatté (fidèle de Daho) en tête, on a droit à la crème de la crème de la main d'oeuvre en matière de pop française.
Ceux qui, comme moi, trouvent que Zazie a un peu trop souvent tendance à enfoncer des portes ouvertes dans les thèmes qu'elle aborde; auront été conquis par les quelques moments de belles tensions qui ont parcouru le concert (un impressionant "J'étais Là"). La part belle est évidemment faite à son diluvien dernier album. L'équilibre avec les "hymnes" du passé est savamment étudié. Le public répond à merveille et Zazie prend possession des Halles en toute décontraction.
Avec ce show, la miss confirme qu'elle est devenue une valeur sûre de la scène pop française.

jeudi 26 mai 2011

Deus Ex Machina - Nuits Botaniques 23/05/11

Gueule de bois des grands jours... Les Nuits Botaniques souhaitaient tant s'achever en point d'orgue... En ce lundi final, les allées sont clairsemées; les bars aussi peu fréquentés qu'un couloir aérien lors de l'éruption d'un volcan scandinave...
Pourtant, de la lave en fusion, tout le monde est en droit d'en attendre ce soir.
Deus clôture le festival. un peu en pièce raportée des grands jours. La tête d'affiche des têtes d'affiches a donc la lourde tâche de mettre un terme à la fête.
Rabbats joie, les anversois ?
Pas vraiment. Mais pas vraiment bout en train non plus...
La principale attraction du concert de lundi étant la découverte de quelques titres du nouvel album du groupe (prévu pour Septembre 2011). Sur ce plan, les trois nouveaux titres joués ce soir n'ont pas déçu. Ils annoncent un album plus pop qui pourrait  bien être passionant à plus d'un titre.
Gaché par un son purement execrable, le concert a toutefois connus de nombreux moments de bravoure qu'on était en droit d'attendre de la part de ce groupe qui a su redistribuer les cartes du rock made in Belgium.
Aucun doute la dessus, Deus est toujours capable de "faire monter la sauce".
"Roses", "Instant Street" ou "Suds & Soda" ont littéralement sulfurisé le public.
Mais, en d'autres moments, Tom Barman et les siens semblent marquer des signes d’essoufflement... L'interruption brutale et incongrue d' "Eternal Woman" laisse, au final,  un sentiment étrange et mitigé...

Machine qui se grippe  ou dieu balbutiant qui se réveille d'une trop longue torpeur ?

Cette soirée au Bota n'a pas réuni les conditions idéales pour répondre à cette question. On jugera plus tard, dans la tournée qui suivra la sortie de l'album.
Pour l'heure, on dira simplement que Deus a honorablement rempli son contrat.
A l'année prochaine, les Nuits...

dimanche 15 mai 2011

Nuits Botaniques 13 & 14 mai 2011 : Stephanie Crayencour - Bertrand Belin - Florent Marchet - Laetitia Velma - Melanie Laurent



The place to be, en ce vendredi 13 Mai, aux Nuits Botaniques : c'était le Cirque Royal où, Cascadeur donnait son premier concert en Belgique. Et, vous savez quoi ? Je n'y étais pas...
Tout ça par ce que, quelques mois plus tôt, des amis m'avaient proposé d'assister à un concert de Florent Marchet... A l'époque, Cascadeur n'était pour moi qu'un petit embryon pop découvert au travers d'une démo publiée sur une compil' des Inrocks... J'étais loin d'imaginer que, deux mois plus tard, son album tournerait en boucle dans mon I-Pod et que je regretterais amèrement de ne pas pouvoir assister à son concert...

Je ne sais pas si ce sont ces regrets qui m'ont mis de mauvaise humeur ce vendredi 13 mais, dès les premières ambiances du concert de Stephanie Crayencour (des cris d'oiseaux stridents du plus mauvais choix) des pensées négatives me gagnaient. Stephanie, je n'ai pas aimé tes blagues à deux balles, ta copine qui ressemble à Michelle Bernier, Saule qui se prend pour M (le Malin...) Mais on dira que c'est à cause de Cascadeur...

Quelqu'un pourtant allait me remettre sur les rails. Un gars que je ne connaissais ni d'Eve ni d'Adam et que j'avais même eu l'outrecuidance de confondre avec un artiste de chez nous... Sur la scène de l'Orangerie, Bertrand Belin et son équipage de flibustiers déploie l'univers fort de son troisième album "Hypernuit". Les textes sont d'une poésie brute (parfois dadaïste). On pense régulièrement à Bashung et sa galaxie (Rodolphe Burger en tête). Belin est habité par sa musique. Mention spéciale à Tatiana Mladenovic, l'impressionante batteuse du groupe qui réussit véritablement à sublimer les ambiances oniriques de l'album. Pas de doute, la barre s'élevait de quelques crans...

Et quand celui par qui le mal est arrivé monta sur scène, je ne pensais plus du tout à Cascadeur. Faussement arrogant et vraiment drôle, Florent Marchet a livré une prestation impeccable et revisité de façon énergique son singulier et précieux répertoire.
Derrière ces airs de tête à claques, de grand daddet étriqué; Marchet s'avère un artiste attachant sur scène et remporte facilement l'adhésion du public. Cohérent, pertinent. Plus encore que sur disque, la filiation musicale avec Souchon est flagrante sur scène.
C'est pourtant sur une reprise de Stephane Eicher que Florent entamme son rappel bien mérité. Concert qui clôt donc de manière impeccable cette première soirée de rendez-vous manqué...

Le lendemain, c'était au Cirque Royal que les Nuits se poursuivaient. Un peu sur un coup de tête, je m'étais décidé à emmener mon amie Isabelle à aller voir Mélanie Laurent. Vraiment scotché par sa prestation dans Inglorious Bastards j'avais accueilli la nouvelle de son passage à l'acte musical de façon guillerette. Un peu frileux à l'idée de cumuler; c'est quelques jours avant le concert que je me décidais à acheter les places (un peu aussi pour faire plaisir à mon amie pour qui l'album de Mélanie Laurent est un véritable coup de coeur).
Mais avant Mélanie, il allait falloir subir l'univers hermétique pas glop de Laetitia Velma. Seul élément notable de son concert hier soir : Laetitia Velma était accompagnée par Dominique A. Passé l'incommensurable plaisir de retrouver le bonhomme sur scène on est très vite taraudé par cette question sans appel : mais qu'est-ce qu'il est venu faire dans cette affaire... Si quand Stephanie Crayencour, je m'encours... Quand Laetitia Velma...je ne sais pas... En tout cas, du "courage des oiseaux", il en fallait vraiment pour ne pas s'envoler durant cette première partie rédhibitoire...

...et puis Mélanie est arrivée. Et soudain, tout a changé. Pétrifiée par l’accueil glacial et méprisant reçu à l'occasion de ses précédents concerts français (l'éternel problème des actrices chanteuses conspuées par l'intelligentsia...et Catherine Deneuve, quelqu'un a-t-il déjà oser lui dire qu'elle chantait comme un cachalot ?) Mélanie affiche une certaine surprise dès la première salve d'applaudissements. ceux-ci sont pourtant amplement mérités. Les titres composés par Damien Rice sont magnifiquement restitués sur scène. Ici on a pas lésiné (on a même droit aux violons). L'interpretation vocale est juste. Mélanie devrait toutefois songer à éviter ces petits interludes pseudo comiques qui déservent un peu la cohérence de son spectacle. Car, parfois, on a l'impression qu'elle ne prend pas la musique au sérieux...et c'est sans doute là où le bas blesse.
La standing ovation finale qui soulève le Cirque Royal (en configuration réduite, tout de même) est pour Mélanie un véritable tsunami affectif dont elle ne se remettra pas de sitôt... J'ai rarement vu une artiste recevoir des ondes d'amour avec autant de bonheur et de surprise... J'en avais les larmes aux yeux...et n'étais pas le seul.

samedi 7 mai 2011

Metronomy - VK - 06/05/11


L'ambiance était chaude et suffocante, hier soir, pour accueillir le groupe du Devon. Un vendredi soir orageux qui n'a pas manqué d'avoir son petit effet sur le public. Je me suis souvent demandé où il était, ce public rock, prêt à se ruer dans un pogo endiablé en se douchant de bière... Dans les festivals, souvent... mais je ne suis pas très client... J'avais oublié l'existence de cette petite salle située à Molenbeek St Jean...à deux pas du parvis St Jean Baptiste : le VK.
C'est pourtant là que j'y ai découvert Suede et surtout Pulp...il y a près de 20 ans.
J'ai retouvé l'endroit intact. Acoustique fort honorable...et public à l'avenant, donc...
Pour lui donner le change Metronomy, en mode surchauffé. Impeccable et martial de bout en bout, le set du groupe est parvenu à me réconcilier avec l'intégralité de son répertoire. Les morceaux du nouvel album sont encore un peu en deçà de ce qu'on est en droit d'attendre mais, dans l'ensemble Joseph Mount et sa bande de joyeux drilles bien allumés emportent sans peine l'adhésion du public (faudra d'ailleurs que quelqu'un m'explique ce que représentent ces prothèses mammaires lumineuses arborées par chaque membre du groupe durant tout le concert...). 
De la première partie ("Playboys Bend") on dira simplement que la jolie jeune fille joue magnifiquement bien du Pikachu...
Le reste appartient à l'histoire du rock ;)

Jamie Woon - Ancienne Belgique - 04/05/11

De Jamie Woon, on ne connaît pas grand chose. On sait qu'il évolue, depuis quelques années déjà, au sein de l'arrière garde de la scène dubstep anglaise. Un rapide coup de surf sur la plateforme de téléchargement I-tunes, nous apprend que Jamie Woon n'en est pas à son premier concert (quelques titres aux connotations acoustiques, à mille lieues des climax electro de son premier album; sont disponibles en téléchargement). On est un peu rassuré, et pourtant...
Il est indéniable que Jamie Woon est, avant tout, une voix. Magnifique, cristalline, envoûtante. Mais sur scène, une voix ne suffit pas. Il faut également une aura.
Quelques photos glanées ça et là sur la toile, laissaient entrevoir un joli jeune homme aux traits androgynes et délicats... L'entrée du petit bonhomme maladroitement engoncé dans un complet sombre de vilaine facture révèle une première faute de goût. En observant ce visage fermé, on finit par douter : ce gars avec des bajoues naissantes, c'est Jamie Woon ?
Quand la voix de velours sombre investit l'Ancienne Belgique (en modeste configuration réduite), on est rassuré. C'est bien lui.
"Echoes" ouvre de façon magistrale le set de l'artiste. Moment de grâce pure...qui laisse le public en suspension...(mention spéciale à l'A.B. qui est bel et bien la salle de concert bruxelloise possédant la meilleure acoustique, loin devant le Cirque Royal, désormais)
Très vite, pourtant, la sensation d'apesanteur va se trouver entammée par tout un tas de facteurs parasites qui, au final, laisseront une impression mitigée d'un concert qu'on se réjouissait d'adorer de bout en bout.
Les musiciens d'abord : visiblement quelques répétitions sont encore nécessaire... On déplorera surtout l'usage intempestif et vraiment très mal controlé de la batterie. Mais pourquoi diable s'obstiner à vouloir charpenter de façon si peu subtile des morceaux qui tournent pourtant très bien à l'aide d'une boîte à rythme? N'est pas Manu Katché qui veut...et, à plusieurs reprises, le pauvre batteur ruine les chansons fragiles de Mirrorwriting (flop total sur "Lady Luck", un comble !)
A ce stade, la batterie est réduite à l'état de cliché pathétique. Juste pour le show  ...
Et de show, parlons-en... Alors que "Mirrorwriting" réclamerait une mise en scène un tant soit peu étudiée, on est déçu par la vacuité des idées d'éclairages (Woon devrait peut-être demander quelques tuyaux à Stromae...)
Et puisqu'il n'y a pas de show sans showman; on dira simplement qu'il n'y a pas eu de show ce soir... Littéralement coinçé dans son costume et, surtout, derrière ses effets chant (qui ont généré quelques couacs durant le concert); Jamie Woon partage peu avec son public... Les quelques mots marmonnés renforcent encore l'incompréhension (on assistera par ailleurs à une scène surréaliste où le chanteur n'arrive même pas à se faire comprendre par son éclairagiste...)
Reste qu'on en est qu'au tout début de la tournée et que le potentiel lié au répertoire de l'artiste est indéniable. Mais, ce soir à l'AB, seul "Night Air" a vraiment rencontré l'enthousiasme du public... Ce qui est parfaitement injuste.
Par conséquent, s'il veut éviter de se faire lyncher au Pukkelpop, l'été prochain, Jamie Woon a encore du pain sur la planche...
...Quant à  moi, si je veux éviter d'avoir l'air aussi empatté pour mon retour sur scène, à la fin de l'année; j'ai intérêt à ne pas trop beurrer mes tartines...

jeudi 21 avril 2011

Stromae / Irma - Ancienne Belgique - 20.04.11

Que les pauvres d'esprit qui n'ont pas trouvé plus riche métaphore en comparant Stromae à Jacques Brel aillent définitivement se rhabiller.
Paul Van Haver était dans la place hier soir. A l'Ancienne Belgique, plus précisément. Chez lui.
Et même si le Grand Jacques a foulé la célèbre scène de spectacle bruxelloise des années lumières avant le grand échalas jettois; quand Stromae scande d'emblée : "Bienvenue chez Moi"; on est chez lui et pas chez quelqu'un d'autre. En tout cas, certainement pas au musée de cire pompes de la chanson française avec un grand "C" comme chienlit...   S'il fallait trouver quelques accointances entre l'univers de Stromae et ses pairs; on irait plutôt les chercher du côté des Pet Shop Boys (pour la mise en scène rectiligne et théâtrale) ou de Faithless (pour le son : carré, percutant, irrésistible).

La prestation scénique d'hier soir montre que l'artiste n'est pas l'homme d'un tube. L'univers cohérent qu'il défend corps et âmes (parfois comme un possédé) prends une toute autre ampleur sur scène. A plusieurs reprises, je me suis retrouvé en pleine nostalgie des années "niou-bite", sur le dancefloors d'un autre lieu mythique de la vie nocturne bruxelloise : la Gaité (la percutante et très réussie reprise de "Putain Putain" de TC MAtic)

De la gaieté, il y en eu souvent lors de ce concert. Bien sûr, nous n'échaperions pas aux désormais célèbres leçons de musique de professeur Stromae. Tant de moments "brise glace" qui rendent vraiment le personnage attachant.
Rarement, dans une A.B. pleine à exploser, on a vu un public aussi diversifié. Il semble que Stromae peut reprendre à sa charge l'expression " pour les jeunes de 7 à 77 ans".

En première partie, le jeune française Irma (qui démarre sur les ondes avec un joli premier single "I know") a assuré une prestation solo pétillante (entre Corinne Bailey Rae et Keziah Jones).

Bref, une soirée où tout le monde avait le "cheese" aux lèvres.

mardi 12 avril 2011

Return of the Space Cowboy - Jamiroquai / Penguin Prison - Forest National 10/04/11

 Arrogant, paradoxal, cheesy... Pour une bonne frange de l'intelligentsia des chroniqueurs pop/rock; au moins un de ces qualificatifs sied au sieur Jay Kay. Et, il faut bien le dire, ce dernier l'a plutôt cherché...
Mais il est indéniable qu'au même titre que Faithless - dans un autre régistre - Jamiroquai a su incarner de manière efficace la musique "dance" mainstream des années 90/00.

Né au début des années 90. Surfant sur la vague "acid jazz" en même temps que des groupes tels que les Brand New Heavies (dont Jay Kay postula pour devenir chanteur) Galliano ou Corduroy; Jamiroquai est le seul groupe a avoir survécu à la déferlante grunge puis au raz de marée britpop.
Lorsqu'en 1993 paraît l'album "Emergency on Planet Earth" un engouement immédiat se fait sentir pour ce son "bigger than life" emprunté, de manière totalement décomplexée, à Stevie Wonder ou aux Jackson Five.
Jay Kay se veut militant écolo, ami des Iroquois (le nom du groupe vient de là) ou des Aborigènes ...mais sera très vite rattrapé par ses passions paradoxales (ferrari, hélicos, et tutti quanti...) que l'omniprésent didgeridoo des débuts ne parviendra pas à dissimuler bien longtemps.

Qu'à celà ne tienne, dès le troisième album du groupe; Jay Kay décide de ne plus être le Nicolas Hulot de la pop.
Le clip de "Cosmic Girl" déploie, durant toute la chanson, la puissance motrice d'une Lamborghini Diablo sur fond de paysages de cartes postales...
Une bien belle forme de suicide politique...et de renaissance pop.
Car enfin débarrassées de leur discours plombant, les chansons de Jamiroquai s'avèrent être de redoutables machines à danser. Faites le test : écoutez le best of "High Times" paru en 2006... C'est irrésistible : impossible de rester en place.

A la parution du best-of en question, Jay Kay décida de lever le pied... Après un silence de près de 5 ans, un autre test allait avoir lieu. Celui des retrouvailles avec le public. A l'occasion de la parution d'un nouvel album, d'abord : "Rock Dust Light Star". Sorti à la fin 2010, le disque confirme que le groupe a toujours de bonnes recettes pour nous faire guincher. Mieux : c'est tout simplement le meilleur album de Jamiroquai à ce jour.
Ensuite, il fallait bien que Jay et sa bande reviennent à la scène.

Ce fut chose faite, ce dimanche 10 avril, à Forest National. Concert sold out. Ambiance "cool regarde comme je danse".
Côté mise en scène; c'est l'artillerie lourde. Ambiance cosmique d'entrée de jeu. Belles images de cosmonautes (vive Youri Gagarine !) et jolie planètes de balsa XXL.
Le son à Forest, est toujours aussi moyen...mais les musiciens sont des pointures. Ici aussi, on a pas lésiné. Choeurs, cuivres... tout est rôdé.
De son côté, Jay Kay (affublé d'un étouffant et somme toutes assez vilain poncho) assure. Plus aussi bondissant qu'il y a quelques années (voir le clip de "Canned Heat")...il livre toutefois une performance vocale impeccable.
On est pourtant surpris de compter les silences, parfois interminables, entre les morceaux à plusieurs reprises durant le spectacle. Pour sûr, Jay Kay ne ferait pas long feu au Jamel Comedy Club...mais bon, allez, on lui pardonne...pour tout le bonheur qu'il nous donne.
En première partie du concert, les New Yorkais de Penguin Prison étaient une inattendue surprise. Eux qui ont remixé un des dernier single de Jamiroquai ont donc été remerciés de bien belle façon. Leur excellent single "Golden Train", joué d'entrée de jeu, laisse entrevoir de jolies promesses.

Sur le chemin du retour, on m'a déposé à hauteur du Kaai Theatre (feu la Luna) où, il y a près de vingt ans j'assistais au premier concert de Jamiroquai à Bruxelles...
Je me souviens de cette époque où cette musique hédoniste a su m'aider à traverser des moment pénibles...

...putain j'ai 40 ans !

mercredi 6 avril 2011

Chapel Club / AB Club (vendredi 01/04/10 - Ancienne Belgique)

Il est de ces petits groupes auxquels on s'attache spontanément... Avec qui on a envie de faire un bout de route. Par sympathie ? Par nostalgie ?? Sans doute un peu des deux... Découvert il y a quelque mois, en première partie du concert des champions toutes catégories de l'année 2010 (Two Doors Cinéma Club, pour ne pas les nommer) "Chapel Club" fait instantanément penser aux Smiths des débuts. Michael Hibbert (flagrant sosie de Johnny Marr) et Lewis Bowman (qui n'a certes pas le charisme de Morrissey mais tient toutefois la comparaison sur le plan vocal) livrent un set impeccable, quoique un peu trop court. Fidèle à leur très bon premier album. Alors évidemment, on pourra très justement remarquer qu'ils n'ont rien inventé...mais on se gardera bien de leur reprocher. Dans cette salle à dimension humaine qu'est l'AB Club on vient de vivre un moment de pure jouvence... La sensation précieuse d'assister à notre premier concert rock, à 25 ans d'intervalle... Eternels adolescents...
CA n'a pas de prix.

dimanche 3 octobre 2010

The Divine Comedy (Botanique 28.09.2010)

D'une Irlande à l'autre...De l'extase à la déception... U2 et son barnum attendu. The Divine Comédy en mode raplapla... Dantesques étaient les concert de Neil Hannon à l'heure où le rock était encore une valeur "bankable"... Aujourd'hui, Clearchannel et consorts font la loi. Aucune pitié pour le risque et l'audace. Seules les valeurs refuges ont droit au crédit... En écrivant " The Complete Banker", pour son dernier album, Neil Hannon entérine son suicide commercial. Par cette chronique pertinente de la fameuse crise financière de 2008 , le nord irlandais, idole de Vincent Delerm, fan et rare digne héritier de Scott Walker; a signé son arrêt de mort.
Lui qui s'est toujours évertué à enflammer la moindre de ses prestations scéniques par un sens de l'ultra-dérision incroyablement bluffant, se retrouve aujourd'hui livré à sa triste misère...
La prestation de mardi dernier restera sans doute dans ma mémoire, comme le concert le plus fauché auquel j'ai jamais assisté...
Un piano. Un pied de micro. Une mise en scène en mode 'ground zero'.
Ce n'est pas la première fois que je vois Neil Hannon sur scène. Je sais de quoi il est capable...
En formation rock, il est peut livrer des prestations démentielles : parfaites illustrations musicales du mot "dantesque". En mode mineur (le quatuor à cordes du Théatre 140) il fait preuve d'une inventivité rehaussée par un humour ravageur...
Ce soir, il arrive "un peu parti, un peu naze" (les non fans de Mimi Jonaz diront tout simplement qu'il est bourré). S'installe derrière un faux Stenway ("Comédie" jusqu'au bout...) et entame le set le plus cheap de l'histoire de   la pop musique... Livrées à leur seul créateur, les symphonies de poches du calibre de "Becoming More like Alfie" ou encore "The Summer House" se révèlent bien vulnérables... L'indispensable démesure fait cruellement défaut... Pire, le cynisme rock'n'roll auquel Neil Hannon nous avait habitué, a fait place à un mépris désinvolte plutôt irritant. Compositeur de talent, Hannon n'est pas un musicien hors pair. Dès lors, se livrer à un show de piano bar approximatif s'apparente plus à un acte de prétention vaniteux qu'à une sincère offrande scènique.
Quelques moments de grace pure ("Neptune's Daughter", "A Lady of a Certain Age"); une inévitable et imparable reprise ("Blue Monday" façon piano solo) ne sauveront pas ce concert de l'ennui le plus frustrant. "Bang goes the Knighthood" scande The Divine Comedy sur son dernier album...Cette chevalerie, cette cavalerie d'Offenbach a qui on aurait pardonné tous les retards...n'est tout simplement pas venue...nous laissant seuls à nos regrets... faisant de cette soirée tant attendue, un rendez-vous manqué...

samedi 25 septembre 2010

U2 - Interpol 0 (Stade Roi Baudouin 23.09.10)


Ce n'est pas très fair play de ma part... Le match était joué d'avance... Il faut reconnaître une certaine bravoure au groupe de Paul Banks pour avoir ôsé affronter pareil monstre... Le monstre, ici, ce n'est pas U2 mais bien  cette immense scène en forme de golgoth, digne du meilleur épisode de Goldorak.
Un géant d'acier qui n'a fait qu'une bouchée d'Interpol.
Sur disque, le parallèle est inévitable : pour leur quatrième album, les américains semblent définitivement à court de sang neuf et connaissent déjà leurs premiers remaniements (désertion du bassiste dès la sortie du disque...). On se rappellera que le quatrième album de U2 s'appelle "The Unforgettable Fire"; qu'il marque la rencontre  des irlandais avec Brian Eno et que ce moment appartient à l'histoire du rock.
On constate aussi, non sans une émotion palpable, que le quatuor de Dublin est resté soudé après 30 années d'existence.
C'est David Bowie qui joue les Monsieur Loyal de prestige. Le fabuleux décompte de "Space Oddity" servant d'introduction à tous les concerts de la tournée européenne.
Je suis assis derrière la scène. Enfin, pas vraiment... Le concept des 360° permet à tous de profiter pleinement du concert et surtout, aux promoteurs, de rentabiliser à fond l'espace disponible dans un stade; quand d'habitude, un quart des gradins est indisponible... Habile coup de marketing déjà éprouvé par Prince ou...Céline Dion.
Qu'on le déplore ou non;  ce sont ces paradoxes qui font que le rock'n'roll existe.

"What time is it in the World ?"
C'est la question qui semble préoccuper le groupe depuis l'incroyable Zoo Tv Tour (la dernière tournée à laquelle j'ai assisté, 17 ans déjà !). Une thématique d'universalité au dessus des prises de positions politiques qui ont souvent plombé le discours de U2 : groupe engagé par excellence. Les dangers de l'hyper-communication pointés du doigt à la sortie d' "Achtung Baby" connaissent aujourd'hui les pires dérives. Rattrapé par l'avènement des réseaux sociaux (Facebook et consorts...), Bono semble un peu dépassé... "Quelle heure est-il dans le monde ?". Cette fois, Bono n'essayera pas de nous bluffer en envoyant de belles phrases. Il n'a pas la réponse, ne tire pas de bilan. Il ne lui reste que la musique et c'est précisément ce qui fait de cette tournée un must.

Le choix du répertoire est impeccable. En deux jours, U2 revisite toute son histoire. Ceux qui ont eu la chance d'assister aux deux soirées, ont eu droit à des playlists sensiblement différentes. Plutôt couillu pour un groupe de cette envergure.
Le décorum a beau être démesuré, l'homme contrôle la machine. Tous les effets spéciaux du monde paraissent bien vains face à un riff de The Edge. L'homme est humbe (il sait ce qu'il doit au tandem Eno/Lanois) et fort à la fois (c'est lui la clé de voûte du son U2).
Bono se la joue volontiers diva. Le showman a pris le pas sur le chanteur engagé. Franchement, ce n'est pas plus mal. Il chante magnifiquement bien (le son est parfait). Sur un "Miss Sarajevo" d'anthologie, il reprend à son compte la partition de Pavarrotti dans un époustouflant crescendo. J'en ai encore la chair de poule... J'espère que Florent Pagny aura la bonne idée d'assister à un concert de la tournée...Ca devrait lui passer l'envie de pousser ses vocalises laxatifs...
J'ai beaucoup aimé le moment où Bono, après avoir revêtu une veste lumineuse sortie tout droit de la garde robe de Michael Jackson, la restitue à son propriétaire, en la laissant s'envoler vers le firmament.
Un firmament capricieux. Plus que clément le premier soir. Impitoyable de tonnerre et de pluie, le second.
Pas à un paradoxe près, Bono se fourvoie quelque peu en demandant au public de faire briller les étoiles au moyen de leur GSM. Bono l'humaniste a-t-il oublié combien de petits africains meurent tous les jours pour un morceau de coltan ?
Évidemment, on lui pardonne. La communion est bel et bien là. Dans ce stade qui a connu des heures sombres, tout le monde vient de vivre un moment de pur bonheur.
"Quelle heure est-il dans le monde ?"
L'heure de revenir à la réalité... "Get on your Boots !"

Bonus : les 11 premièrtes minutes du concert au Stade Roi Baudouin

mardi 29 juin 2010

Suprême NTM - Ben l'Oncle Soul - Couleur Café - vendredi 25/06/10

Disons le d'emblée, si on va à Couleur Café, c'est avant tout pour l'ambiance générée par ce site grandiose, transformé, trois jours durant, en maelstrom bariolé et chaleureux. L'affiche ? On s'en fout un peu... On déambule dans ces anciens quais douaniers transformés pour l'occasion, en souks plus vrais que nature.
On sirote une Hoegaarden rôsée en mangeant une assiette libanaise. On achète des batons d'encens fragrance patchouli. On croise un sosie du Che qui fait la queue au stand Capoue (!?)et commande un cornet 2 boules (sangria & pamplemousse rôse)... Accessoirement, on va voir des artistes en concert...
Comme on est pas vraiment fan, mais qu'on a tout de même dépensé une jolie somme pour obtenir son sésame; on se dit qu'il faut rentabiliser.
Avec Suprême NTM en tête d'affiche ce soir là, on devait en avoir pour son argent.
NTM c'est du lourd, de la légende à l'état brut.
Investissant la magnifique et bien nommée "Titan stage", le duo terrible, accompagné d'un duo de DJ efficaces (puis, plus tard, d'un excellent groupe de vrais musiciens qui élèveront le spectacle au rang de concert) fait le taf'. Mais il y a comme un malaise. Et Joey Star n'est pas dupe. Dès le début il le dit : "Ca sent le pétard mouillé à Bruxelles"...Face au déluge d'énergie qui éclate sur scène, la réponse du public est faiblarde. Le temps de chauffe est interminable... Avec un humour insoupçonné (pour un non fan comme moi), les deux bêtes de scène infligent quelques punitions à ce public jugé trop mou en envoyant dans les gigantesques enceintes des daubes du style "Besoin de rien, envie de toi" de Peter & Sloane. Fun.
Mais la légende d'NTM ne s'est pas construite ici. A Bruxelles, la révolte des banlieues n'a jamais eu lieu... Il y a bien quelques têtes d'allumés parmi les fans hardcore croisés avant le concert...Mais ils font moins peur que pitié... Le côté viscéral n'y est pas.
Je repense à IAM, au festival de Dour l'an dernier. Eux ont cette coolitude qu'NTM n'a pas (ce n'est d'ailleurs pas son rôle) et ont obtenus une bien meilleure réaction du public.
En parlant de mec cool, je m'en voudrais de ne pas évoquer la prestation impeccable de Ben l'Oncle Soul. Franchement, si le mec n'a pas inventé l'eau chaude pour cuire le riz; il aura eu le mérite de faire monter la température de quelques degrés en livrant un set millimétré de soul propre et légère. Et nous, petits grains de rizières, avons cuits avec délectation, dans un délicieux parfum de mohambe...
En rentrant chez moi (j'habite à deux pas du site du festival), dans l'air lourd de Bruxelles, j'entendais encore les cris de jaguar fou de Joey Starr déchirant la nuit...J'ai alors pris toute la mesure du phénomène NTM. Le seul groupe capable de terrifier une capitale endormie...C'est de ma terrasse que j'ai vécu le meilleur moment de ce concert...
Vivement l'année prochaine!

dimanche 20 juin 2010

Charlotte Gainsbourg - Cirque Royal - 19.06.10

Charlotte Gainsbourg était de passage à Bruxelles le week-end de la fête de la musique. Un tel évenement ne pouvait pas tomber mieux.
Ce concert était attendu à plus d'un titre. Historique, bien sûr. L'héritière "du plus grand, du plus beau, du meilleur" comme elle le dit si bien entame sa première tournée. Une tournée consécutive à deux albums impeccables ("5:55" réalisé avec Air et "IRM" avec Beck). La barre est haute. Plus haute que les étoiles. La timide Charlotte va pourtant prouver qu'elle est capable de relever un tel défi.
Entourée des impeccables musiciens recrutés par Beck, elle livre une prestation toute en retenue. Sa voix, sous mixée (d'autres auraient sans doute fait le choix contraire) se réfugie derrière les orchestrations parfaites livrées par son groupe. 22 titres d'une classe folle. C'est bien sûr "I.R.M." qui raffle la mise. Seulement 4 titres repêchés du somptueux "5:55". Dommage car les musiciens de Beck font merveille lorsqu'il s'agit de réinterpréter Air (on sait que l'américain est très ami avec les versaillais, et ça s'entend). "The Songs that we sing" est magnifiquement restitué sur scène. En outre, ce cotoneux écrin concocté par le duo sied mieux à la voix de Charlotte. Et même si ce concert se veut "à part"; il n'échappe pas aux lois du marché: c'est le dernier album qu'il faut vendre avant tout.  
On pouvait craindre quelques flottements; un manque d'énergie...Il n'en fût rien. La première partie du concert  se nourri de tensions et d'électricité. Charlotte se laisse aller à quelques percussions et bidouille un petit clavier. Elle s'implique. Cela semble lui donner confiance. Sa voix belle et fragile fait le reste. Le public écoute religieusement ses chansons : subjugué. Une mise en scène épurée parachève la fascination.
Cerises sur le gâteau, 3 reprises transcendent le concert : "Just Like a Woman" de Bob Dylan (qu'elle interprétait déjà pour le film "I'm not there") et surtout 2 titres de son illustre papa. Lorsque les premières mesures de "L'Hôtel Particulier" retentissent dans la salle pleine du Cirque Royal, un frisson parcours l'assemblée. Cette ola épidermique ne nous lâchera pas durant toute la chanson.  "Couleur Café" clôt le spectacle de façon festive (et me rappelle que j'ai rdv avec NTM la semaine prochaine...autre ambiance, assurément)
On quittera la salle sur la pointe des pieds. Totalement subjugués par ce moment de pure sincérité.

samedi 5 juin 2010

Ben, l'oncle trash.... (Benjamin Biolay - Ancienne Belgique - 03.06.10)

C'est l'histoire d'un mec : amoureux de la chose pop; spécialiste des renvois d'ascenseurs...Un type avec un coeur énorme et un talent à l'avenant. Le seul gars qui nous a redonné les c... de clamer haut et fort qu'on aime la chanson française... Au bas mot, le seul homme qui a redonné des baloches à la variété.
Benjamin Biolay, l'auteur du meilleur album de 2009, était en concert à l'Ancienne Belgique, hier soir.
Un concert fantasmé depuis les premiers accords de "La Superbe" : immense navire homérique sauvant, à lui seul, bien des naufrages de pop stars formatées...
Le parrain de cette "nouvelle qualité française" investi la mythique salle bruxelloise de façon plutôt sobre. Le temps de chauffe est un peu longuet. L"homme a beau clamer, dès 20h30, qu'il n'en a plus que pour son membre (cf. "Tout ça me tourmente"); il nous faudra un certain temps avant de ressentir des vibrations dans l'antre pelvien...
La faute à ses fichus renvois d'ascenseurs, sans doute...Je veux dire par là que Benjamin,dans son infinie gratitude, s'est entouré de musiciens de studio avec qui il travaille depuis des années...Et c'est justement là où le bas blesse... Si, sur disque, ces collaborateurs font des miracles; sur scène, c'est une toute autre histoire... Denis Benarrosch a beau être une institution des sessions d'enregistrement chics et très chères...force est de constater que l'exercice live ne lui sied pas du tout. Rarement batterie n'aura sonné aussi lourd.
Cette absence de finesse installera un sentiment d'inconfort qui donnera toutefois à Benjamin l'occasion de prouver sa véritable valeur.
Une chanson va faire basculer le concert de manière décisive. Ce sera "Ton Héritage". En préambule, Benjamin nous raconte comment sa fille a découvert que ce titre lui était dédié. Ce moment de pure confidence soude enfin les liens avec le public.
Tout ce qui suit est cousu de fil d'or (sauf sur des titres comme "Assez parlé de moi" où Benji se vautre dans la crise d'adolescence un peu trop surfaite...).
L'option rock-gothique fonctionne étonnement bien. Elle atteint son paroxysme sur un "A l'Origine" fulminant de tension et de hargne que n'auraient pas reniés les brésiliens de Sepultura...
Bien sûr, on est en droit de regretter les jolies fioritures et autres finitions d'orfèvre qui sont la marque de fabrique des albums du bonhomme... Il n'en fut pas toujours ainsi (cf. le concert des Nuits Botaniques, en 2001 empli de violons. Celui de la tournée "Home" à l'AB, il y a 5 ans). Mais Benjamin semble avoir tourné la page et être fermement décidé à assurer la relève scénique d'un Bashung.
Sur ce plan, tout de même, il lui faudra encore trouver ses marques.
Trois rappels incandescents parachèveront le portrait d'un pygmalion  attendrissant (l'homme restera sur scène bien après les toutes dernières notes du concert...pour signer des autographes...)
Un chic type en somme...et un sacré bon moment.

mercredi 12 mai 2010

Tiercé gagnant ! (Samir Barris-Arnaud Fleurent Didier-Gaetan Roussel. Nuits Botaniques 11.05.10)

Hier soir, dans le cadre des institutionnelles "Nuits Botaniques", je me suis rendu au Cirque Royal pour assister à une soirée à l'affiche alléchante qui a, dans l'ensemble, tenu ses promesses.
Samir Barris, Arnaud-Fleurent Didier et Gaëtan Roussel ont tour à tour investi la salle historique de la rue de l'enseignement pour assurer le service après vente de leurs albums respectifs.
Bien que très jeune d'aspect (avec son look d'éternel premier communiant), Samir Barris n'est pas le plus vert des trois comparses. Cela fait longtemps qu'il officie dans les arrières scènes de la pop belge. Avec son groupe Melon Galia il était même allé jusqu'à débaucher le producteur culte John Cunningham pour la réalisation d'un album sorti en 2000, qu'il serait bon de redécouvrir. Sabordée à l'aube d'une reconnaissance qui eut été bien méritée, la carrière de Melon Galia a donc été fulgurante. Samir fut le premier a se remettre en selle. Timidement bien sûr... C'est un peu une seconde nature chez lui. Qui sait qu'il a déjà sorti deux albums depuis le démarrage de sa carrière solo? Cest donc très timidement qu'il investi, le premier, la scène du Cirque. Il est à peine 20h passées et la salle est encore à moitié vide (le Cirque n'aura d'ailleurs pas été complet, même pour Gaetan Roussel). Samir n'a pas d'autre choix que de remercier les gens ponctuels en entamant son set. Accompagné de son fidèle acolyte Nicholas Yates à la contrebasse, il livre une prestation juste et sensible avec cette petite pointe d'humour qui sauve l'absence de show. L'ensemble fait penser au meilleur des Kings of Convenience mariés pour l'occasion à Jobim, Vian et Baudelaire. Il ne reste plus au gentil Samir qu'à assumer son statut de valeur sûre de la chanson francophone belge. cela devrait l'aider à être moins pétrifié face à une salle qu'il a fini par conquérir.

Arnaud-Fleurent Didier aura beaucoup plus de mal à faire l'unanimité. Il déboule sur scène avec son univers glaçant, mêlant cynisme et tendresse; humour grinçant et psychédélisme trendy. Sa voix fade n'est pas son atout majeur. Pourtant, l'auteur d'un des plus impressionnants disque français de ce début 2010 ne m'aura pas complètement déçu. Circonstance atténuante de taille : un son proprement désastreux qui, la plupart du temps, rend inaudibles les textes pourtant fondamentaux chez A.F.D.
Mais le son n'excuse pas tout. Si Fleurent Didier se révèle un multi-instrumentiste plutôt convaincant; que dire du groupe qui l'accompagne ? Sur scène, le manque d'harmonie est flagrant. On dirait que ces musiciens jouent ensemble pour la première fois. Pire : les fausses notes sont légion... Quelques belles fulgurances ("Pépé 68"; "Je suis Amoureux", "Reproductions" et un "Portrait du Jeune Homme en Artiste" exhumé de son tout premier album) démontrent que l'artiste est plein de belles promesses. Polnareff, Ferré, Morricone et Dominique A téléscopés sur une même scène; ça n'arrive tout de même pas tous les soirs. Sur son album, une chanson porte un titre révélateur de ce qui lui a fait défaut hier soir : "Ne sois pas trop exigeant". L'exigeance et une véritable direction musicale est ce qui a cruellement manqué à cet ingénieur de formation, hier soir. Et oui Arnaud...si, sur plan, ton concert tiens la route; il te reste à tenir compte des facteurs externes...comme le public, par exemple...Tu sais? Le public, ce sont ces gens que tu décris si bien à la première personne... L'inconvénient, c'est que la première personne, ce n'est pas SEULEMENT toi, Arnaud... Une belle preuve de courage et de vanité tout de même.

Celui qui a tout compris ce soir, c'est bien sûr Gaëtan Roussel. En pause carrière prolongée de Louise Attaque, il s'est déjà offert pas mal de récréations (sous forme de collaborations avec Vanessa Paradis, Bashung, Tarmac...) dont un premier album solo qui se vend plutôt bien et draine à lui seul le public du Cirque Royal. Le show est bien rôdé. 8 musiciens sur scène. Quelques vieux briscards dont Joseph Dahan, le bassiste de la Mano Negra et guitariste chez les Wampas, tout en testostérone. Les premiers rangs se souviendront longtemps de cette basse menaçante, fendant l'air telle une hallebarde durant tout le concert. A lui seul, il fit le show donnant une belle leçon de rock'n'roll sauvage. Les autres musiciens ne sont pas en reste; à commencer par une section rythmique puissante, carrée et ultra-efficace. Dès le premier titre, la salle entière se lève. L'allégresse ne retombera pas. On pense souvent au Rita Mitsouko dans ce qu'ils avaient de plus débridé et irrésistible. Roussel est décontracté, positif. Lui aussi fera les frais d'un ingénieur du son décidément paresseux. Sa voix étant souvent en retrait par rapport au reste du groupe. Seul bémol : sans doute par souci d'intégrité, l'ami Gaëtan ne puisera aucune chanson dans le répertoire de Louise Attaque...le show se construit uniquement sur la trame se "Ginger", son disque solo. Un disque qui, sur scène, se révèle une redoutable machine à danser.

jeudi 25 mars 2010

Tom McRae - Cirque Royal 24-03-2010

Que reste-t-il de cette génération de "singer-songwriters" qui émergea à la fin du siècle dernier?
Perry Blake n'a plus de maison de disque.Il dirige des workshops sur l'écriture musicale, en Italie. Ed Harcourt picole dans son manoir anglais...Jay-Jay Johansson hésite toujoursentre divan et diva... Rufus Wainwright a - semble-t-il - tranché la question...
Malgré toute l'indifférence qu'il partage avec ses confrères, Tom McRae, fils de pasteur anglais, devenu américain d'adoption, rempli ses obligations contractuelles en sortant un cinquième album qui, comme les trois précédents, n'atteint jamais la flamme qui parcourait son tout premier disque.
Il y a dix ans, sortait un premier album éponyme de folk-pop sombre et dense, dont l'aura de joyau noir a suffisament perduré pour assurer à l'artiste un solide capital de fidèles.
Des chansons comme "A & B song"; "The Boy with the Bubblegun"; "The End of the World" ou "You cut her Hair" ont su toucher, par leur justesse et leur grace, un grand nombre de personnes en mal de vivre.
Pour tout ceux-là, Tom est devenu un compagnon d'infortune précieux.
Et tant pis si, par la suite, ses disques n'ont pas été à la hauteur...
Son passage au Cirque Royal, hier soir, était l'occasion de venir rendre hommage à un vieil ami : plus très blond, plus si mince...On aimerait toutefois passer le cap de la quarantaine aussi bien que lui ;)
Un peu raide, au début du spectacle. Sans doute un peu surpris par cette grande salle étonnamment peuplée (pas sold-out mais loin d'être déserte), l'homme se découvre "pince sans rire"...
Son groupe de scène est impeccable (mention spéciale au guitariste Brian Wright; singer songwriter américain avec qui Tom s'est lié d'amitié   )
Le son est renversant. Là où les Last Shadow Puppets se vautrèrent en compagnie d'un orchestre de 40 musiciens, un seul violonceliste réussit à nous envoyer en l'air durant deux heures avec son archet.
Le set est savamment composé de morceaux calmes et intimistes (ce magnifique rappel unplugged) alternant avec des titres plus amples et énergiques qui atteignent souvent le mur du son. Les chansons plutot "bof" du dernier album sont jusicieusement reliftées pour la scène et finissent par réveler un certain intérêt.
Fort heureusement, la part belle est faite au premier album qui, sur scène, s'offre une seconde jeunesse.
Au fil du concert, un climat de connivence s'installe entre les musiciens et le public. Avec en point d'orgue, plutôt cocasse, une reprise amusante du tube de Rihanna "Umbrella". On sort charmé de ce moment sans hype. On est heureux d'avoir re-découvert un artiste vraiment attachant. Allez, Tom, il ne te reste plus qu'à sortir un album digne de tes premiers faits d'armes...