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mercredi 29 août 2012

Rentrée Tendancieuse

Quoi de plus idéal pour faire passer l'amertume de la rentrée, que la perspective d'un nouvel album des Pet Shop Boys...
"Elysium" est le onzième album de l'increvable duo britannique. 

Partagé entre "démon de midi" (cette tendance à vouloir à nouveau goûter aux plaisirs de jouvence) et "démons de minuit" (référence un peu plus embarrassante à ce que la musique des années 80 a de plus abject); "Elysium" se révèle assez déconcertant à la première écoute.

Increvables mais pas immortels, Neil Tennant et Chris Lowe livrent un opus en forme de retour aux sources (citant l'album "Please" en de nombreuses reprises) dont le thème principal et inquiétant est la disparition (magnifiquement évoqué sur "Invisible", le premier titre qui s'est répandu sur le net).

Le plus déroutant, lorsqu'on découvre cet album, c'est de découvrir à quel point la démarche des deux hommes à changé. Eux qui, jusqu'à présent, se sont toujours employé à  modifier leur angle d'approche à chaque nouveau projet; semblent cette fois s'être résignés à faire marche arrière. "A Face Like That"et ses relents de "Love Comes Quickly"; "Memory of the Future" qui ressemble à une face b des premiers jours (chez les Pet Shop Boys, ce n'est pas une insulte)
Il semble bel et bien que la clef de compréhension de cet album réside dans le titre "Your Early Stuff" ("You've been around but you don't look too rough/And I still quite like some of your early stuff/
It's bad in a good way if you know what I mean/The sound of those old machines")
Et on se contenterait volontiers de cette relecture , non dénuée d'intelligence et de cynisme; de ces hauts faits d'armes qui ont fait la gloire du duo.
Pourtant, il est des titres beaucoup moins défendables dont on savait certes le duo capable (Ce  "Go West" de triste mémoire...) mais qu'on pensait définitivement remisés au rang d'erreur de jeunisme.
Que dire à l'écoute de "Winner", premier single, à l'opportunisme olympique mais qui devra se contenter d'une médaille de plomb dans les charts (ça, c'est une insulte !) Que dire de "Hold On" et ses relents de mauvaise comédie musicale. Que dire de "Give it a Go" et son faux accordéon pathétique???
En 1990, à l'occasion de la sortie de l'instant-classic "Behaviour", Neil Tennant fustigeait injustement le songwriting de Paddy McAloon, leader de Prefab Sprout. Si ce brave Paddy est rancunier, on lui proposerait bien de donner son avis sur ces trois titres d'une vacuité sans appel.
Reste qu' "Elysium" n'est pas dépourvu de sommets. Comme ce "Everything Means Something" de très haute facture. Aérien à souhait.
La production d'Andrew Dawson (Kanye West, Fun, Beyonçé, Kid Cudi) s'avère discrète et totalement révérencieuse. Là où on aurait pu s'attendre à un virage hip-hop, on se retrouve en présence d'un répertoire somme toute assez classique. Comparé à "Yes" ou "Fundamental", ce nouvel album a parfois des allures de démo...mais, au final, c'est ce qui fait son charme. Un charme crépusculaire qui dès les premières notes de "Leaving" le rend attachant.

Bien que le duo a déjà démenti certaines rumeurs, "Elysium" a tout du chant du cygne d'un des groupes pop les plus passionnant de son époque

Il serait dommage de passer à côté de ce disque...


Après deux mois de vacances, le "Club des Tendancieux" reprend sa cadence hedbomadaire

"Tendances 2012 version 6.5" paraîtra le 01.09.12